Électuaire de simples au miel
Une pâte épaisse de sauge, thym et menthe pilés, liés au miel chaud et à une pincée d'épices, qu'on prend à la cuillère contre les maux de gorge de l'hiver. Amer des herbes, doux du miel : le remède qui se mange comme une gourmandise.
Une pâte épaisse de sauge, thym et menthe pilés, liés au miel chaud et à une pincée d'épices, qu'on prend à la cuillère contre les maux de gorge de l'hiver. Amer des herbes, doux du miel : le remède qui se mange comme une gourmandise.
Tu tousses ? Viens çà. Je broie dans mon mortier la sauge — celle qui sauve, son nom le dit — le thym et trois feuilles de menthe, jusqu'à ce que l'odeur monte et te pique le nez. J'y noie le miel tiède de mes abeilles, jamais bouillant, car le feu trop ardent tue la vertu. Une cuillerée le matin, une le soir, et tu garderas la pâte sous la langue. Ce n'est point sorcellerie, va — c'est la forêt qui soigne, moi je ne fais que la cueillir.
- •Miel de bruyère — un pot (base / liant)
- •Sauge fraîche — une poignée (simple maître)
- •Thym et menthe — quelques brins (simples d'appui)
- •Gingembre ou poivre long (rare, de marchand) — une pincée (épice chauffante)
Électuaire de simples au miel
Une pâte épaisse de sauge, thym et menthe pilés, liés au miel chaud et à une pincée d'épices, qu'on prend à la cuillère contre les maux de gorge de l'hiver. Amer des herbes, doux du miel : le remède qui se mange comme une gourmandise.
Pourquoi ce plat ? Figure de guérisseuse et de magicienne, Agatha mêle cuisine et soin : ses simples servent « autant à se nourrir qu'à soigner ». L'électuaire — herbes broyées liées au miel — est le geste même de la sorcière de village, à mi-chemin du bonbon et de la potion.
Tu tousses ? Viens çà. Je broie dans mon mortier la sauge — celle qui sauve, son nom le dit — le thym et trois feuilles de menthe, jusqu'à ce que l'odeur monte et te pique le nez. J'y noie le miel tiède de mes abeilles, jamais bouillant, car le feu trop ardent tue la vertu. Une cuillerée le matin, une le soir, et tu garderas la pâte sous la langue. Ce n'est point sorcellerie, va — c'est la forêt qui soigne, moi je ne fais que la cueillir.
Ingrédients (version d’époque)
- Miel de bruyère — un pot (base / liant)
- Sauge fraîche — une poignée (simple maître)
- Thym et menthe — quelques brins (simples d'appui)
- Gingembre ou poivre long (rare, de marchand) — une pincée (épice chauffante)
Ingrédients
- Miel liquide (bruyère ou châtaignier) — 250 g (base / liant)
- Sauge fraîche — 15 feuilles (simple maître)
- Thym frais — 4 brins (simple d'appui)
- Menthe fraîche — 6 feuilles (fraîcheur)
- Gingembre frais râpé — 1 c. à café (épice chauffante)
Préparation
- Effeuillez sauge, thym et menthe, et pilez-les au mortier (ou hachez très finement) jusqu'à obtenir une pâte verte parfumée.
- Faites tiédir le miel à feu très doux — sans dépasser 40 °C pour préserver ses vertus.
- Mélangez les herbes pilées et le gingembre au miel tiède.
- Versez dans un petit pot ébouillanté, laissez infuser 48 h au frais avant usage.
- Prendre une cuillerée à café matin et soir, à laisser fondre en bouche (à éviter chez l'enfant de moins d'un an, à cause du miel).
Comment on faisait : L'électuaire — herbes médicinales liées au miel ou au sirop — est une forme galénique classique du Moyen Âge, décrite dans les antidotaires monastiques. La sauge (Salvia, « celle qui sauve ») était la reine des jardins de simples, et le miel servait de conservateur naturel et d'adoucissant pour la gorge.
Le twist contemporain : Coulé en petites pastilles sur papier sulfurisé puis laissées durcir : des « bonbons de sorcière » à offrir dans un sachet de toile l'hiver.
Sources : Antidotarium Nicolai (XIIe s.) · Jardin des simples des capitulaires carolingiens, Capitulare de villis
Agatha Southeil · Charactorium