La carte de Béatrice de Nazareth
Le breuvage de l'infirmerie

Eau de miel à l'hysope

RemèdeÉvocation🍯 ☕facile15 min

Une décoction tiède d'eau, de miel et d'hysope du cloître, relevée d'un trait de vin. Le réconfort doux-amer que l'on portait aux sœurs alitées pour apaiser toux et fatigue.

Le breuvage de l'infirmerie

Une décoction tiède d'eau, de miel et d'hysope du cloître, relevée d'un trait de vin. Le réconfort doux-amer que l'on portait aux sœurs alitées pour apaiser toux et fatigue.

Quand le corps faiblit sous le jeûne et la veille — et le mien a souvent défailli — la sœur infirmière m'apportait ce breuvage. Elle faisait bouillir l'eau avec l'hysope de notre carré, y fondait le miel de nos abeilles, celles-là même dont la cire éclaire l'autel, et versait un doigt de vin pour réchauffer le sang. C'est doux d'abord, puis l'herbe pique et dégage la poitrine. Bois-le tiède, mon enfant, et ne crois pas pécher : la charité veut qu'on soutienne la chair pour mieux servir l'âme.
Béatrice de Nazareth
Ingrédients
  • Hysope du cloîtreune petite poignée (plante médicinale, amertume)
  • Miel des ruchesdeux cuillerées (douceur et adoucissant)
  • Eauun bol (base)
  • Vinun doigt (réconfort, conservation)
Comment on faisait : L'hysope, plante des « jardins de simples » monastiques, est citée dans les Psaumes (« Asperges me hyssopo ») et tenue pour expectorante. Le miel, seul édulcorant disponible avant le sucre de canne raffiné, servait à la fois d'aliment et de base de remèdes. Les infirmeries d'abbaye conservaient ces savoirs hérités d'Hildegarde de Bingen et des herbiers latins.
Sources : Hildegarde de Bingen, Physica (XIIe s.) · Vita Beatricis (XIIIe s.)