Eau de miel à l'hysope
Une décoction tiède d'eau, de miel et d'hysope du cloître, relevée d'un trait de vin. Le réconfort doux-amer que l'on portait aux sœurs alitées pour apaiser toux et fatigue.
Une décoction tiède d'eau, de miel et d'hysope du cloître, relevée d'un trait de vin. Le réconfort doux-amer que l'on portait aux sœurs alitées pour apaiser toux et fatigue.
Quand le corps faiblit sous le jeûne et la veille — et le mien a souvent défailli — la sœur infirmière m'apportait ce breuvage. Elle faisait bouillir l'eau avec l'hysope de notre carré, y fondait le miel de nos abeilles, celles-là même dont la cire éclaire l'autel, et versait un doigt de vin pour réchauffer le sang. C'est doux d'abord, puis l'herbe pique et dégage la poitrine. Bois-le tiède, mon enfant, et ne crois pas pécher : la charité veut qu'on soutienne la chair pour mieux servir l'âme.
- •Hysope du cloître — une petite poignée (plante médicinale, amertume)
- •Miel des ruches — deux cuillerées (douceur et adoucissant)
- •Eau — un bol (base)
- •Vin — un doigt (réconfort, conservation)
Eau de miel à l'hysope
Une décoction tiède d'eau, de miel et d'hysope du cloître, relevée d'un trait de vin. Le réconfort doux-amer que l'on portait aux sœurs alitées pour apaiser toux et fatigue.
Pourquoi ce plat ? La Règle accorde aux sœurs malades ce que la table commune refuse. Béatrice, dont la Vita rapporte les ferveurs et les défaillances du corps épuisé par l'ascèse, fut sans doute soignée à l'infirmerie de tels breuvages adoucis au miel des ruches du monastère — ces mêmes ruches qui fournissaient la cire des cierges de l'autel.
Quand le corps faiblit sous le jeûne et la veille — et le mien a souvent défailli — la sœur infirmière m'apportait ce breuvage. Elle faisait bouillir l'eau avec l'hysope de notre carré, y fondait le miel de nos abeilles, celles-là même dont la cire éclaire l'autel, et versait un doigt de vin pour réchauffer le sang. C'est doux d'abord, puis l'herbe pique et dégage la poitrine. Bois-le tiède, mon enfant, et ne crois pas pécher : la charité veut qu'on soutienne la chair pour mieux servir l'âme.
Ingrédients (version d’époque)
- Hysope du cloître — une petite poignée (plante médicinale, amertume)
- Miel des ruches — deux cuillerées (douceur et adoucissant)
- Eau — un bol (base)
- Vin — un doigt (réconfort, conservation)
Ingrédients
- Hysope séchée (ou thym à défaut) — 1 c. à café (plante aromatique)
- Miel toutes fleurs — 2 c. à café (douceur)
- Eau — 25 cl (base)
- Vin blanc moelleux (facultatif, adultes) — 1 c. à soupe (rondeur)
Préparation
- Portez l'eau à frémissement et jetez-y l'hysope ; couvrez et laissez infuser 8 min.
- Filtrez, laissez tiédir jusqu'à pouvoir y plonger le doigt.
- Délayez le miel dans l'infusion encore tiède (jamais bouillante, pour ne pas le brusquer).
- Ajoutez éventuellement le trait de vin, et buvez à petites gorgées.
- Pour enfants et abstinents : omettez le vin.
Comment on faisait : L'hysope, plante des « jardins de simples » monastiques, est citée dans les Psaumes (« Asperges me hyssopo ») et tenue pour expectorante. Le miel, seul édulcorant disponible avant le sucre de canne raffiné, servait à la fois d'aliment et de base de remèdes. Les infirmeries d'abbaye conservaient ces savoirs hérités d'Hildegarde de Bingen et des herbiers latins.
Le twist contemporain : Version glacée et estivale : laissez refroidir, ajoutez une rondelle de poire et des glaçons — une « limonade monastique » sans agrumes.
Sources : Hildegarde de Bingen, Physica (XIIe s.) · Vita Beatricis (XIIIe s.)
Béatrice de Nazareth · Charactorium