Œufs dorés aux herbes, contre l'œuf maudit
Œufs durs coupés, dont les jaunes sont mêlés d'herbes fraîches, de gingembre et d'un peu de fromage, puis remis dans le blanc et dorés au safran à la poêle ou au four.
Œufs durs coupés, dont les jaunes sont mêlés d'herbes fraîches, de gingembre et d'un peu de fromage, puis remis dans le blanc et dorés au safran à la poêle ou au four.
Je naquis, dit-on, d'un œuf pondu par un coq et couvé dans la fange par un crapaud. Voilà pourquoi le bon peuple se méfiait des œufs avortés et les brisait au plus vite, de peur d'en voir sortir l'un de mes pareils. Mais les œufs droits et pleins, on les faisait cuire dur, on les emplissait d'herbes et d'épices, et on les dorait pour écarter le mal. Mange-les sans crainte, mortel : tant que tu les bénis, nulle vermine ne sourdra de leur coquille.
- •Œufs de poule — une douzaine (base)
- •Persil, menthe, hysope — une poignée (herbes du farci)
- •Gingembre, poivre — au goût (épices)
- •Fromage frais ou caillé — un peu (liant)
- •Safran + jaune d'œuf — une pincée (dorure)
- •Sel — au goût (assaisonnement)
Œufs dorés aux herbes, contre l'œuf maudit
Œufs durs coupés, dont les jaunes sont mêlés d'herbes fraîches, de gingembre et d'un peu de fromage, puis remis dans le blanc et dorés au safran à la poêle ou au four.
Pourquoi ce plat ? La cockatrice naîtrait d'un œuf de coq couvé par un crapaud : la croyance médiévale redoutait donc les petits œufs sans jaune. Cuisiner et dorer de bons œufs francs, emplis d'herbes, était une manière quotidienne de conjurer ce mauvais sort.
Je naquis, dit-on, d'un œuf pondu par un coq et couvé dans la fange par un crapaud. Voilà pourquoi le bon peuple se méfiait des œufs avortés et les brisait au plus vite, de peur d'en voir sortir l'un de mes pareils. Mais les œufs droits et pleins, on les faisait cuire dur, on les emplissait d'herbes et d'épices, et on les dorait pour écarter le mal. Mange-les sans crainte, mortel : tant que tu les bénis, nulle vermine ne sourdra de leur coquille.
Ingrédients (version d’époque)
- Œufs de poule — une douzaine (base)
- Persil, menthe, hysope — une poignée (herbes du farci)
- Gingembre, poivre — au goût (épices)
- Fromage frais ou caillé — un peu (liant)
- Safran + jaune d'œuf — une pincée (dorure)
- Sel — au goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Œufs — 6 (base)
- Persil et menthe ciselés — 3 c. à soupe (herbes)
- Gingembre moulu — 1/2 c. à café (épice)
- Poivre — au goût (épice)
- Fromage frais (type brousse) — 2 c. à soupe (liant des jaunes)
- Safran — 1 pincée (dorure)
- Beurre — 1 noix (cuisson)
- Sel — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Cuire les œufs durs (9 min), les rafraîchir, les écaler et les couper en deux.
- Écraser les jaunes avec le fromage frais, les herbes ciselées, le gingembre, le poivre et le sel.
- Remplir généreusement les blancs de cette farce.
- Faire infuser le safran dans 1 c. à café d'eau chaude et en badigeonner le dessus des œufs.
- Passer brièvement les œufs côté farce dans un peu de beurre chaud, ou 5 min au four, pour les faire dorer.
- Servir tièdes, en en-cas ou en entrée familiale.
Comment on faisait : Les œufs étaient un aliment populaire et bon marché, souvent farcis d'herbes, de fromage et d'épices puis « endorés » (dorés au safran et au jaune). La crainte de l'« œuf de coq » sans jaune, censé enfanter le basilic ou la cockatrice, est attestée dans les croyances européennes : on jugeait parfois ces œufs en justice et on les détruisait.
Le twist contemporain : Disposez les demi-œufs en cercle autour d'un petit miroir de table : clin d'œil au regard mortel de la créature, que seul son propre reflet pouvait tuer.
Sources : Le Ménagier de Paris (v. 1393) · Isidore de Séville, Etymologiae (livre XII, sur le basilic)
Cockatrice · Charactorium

