Le kratère de vin miellé pour la libation
Du vin rouge allongé d'eau, adouci d'un trait de miel et parfumé d'une herbe, servi tiède ou frais selon la saison. La boisson qui ouvre et clôt tout banquet grec, à la fois plaisir et offrande.
Du vin rouge allongé d'eau, adouci d'un trait de miel et parfumé d'une herbe, servi tiède ou frais selon la saison. La boisson qui ouvre et clôt tout banquet grec, à la fois plaisir et offrande.
Approche, mortel, et n'aie pas peur de la coupe. Ce vin, c'est moi qui l'ai apporté aux hommes pour qu'ils oublient un instant le poids de leurs jours. Mais retiens bien ceci : ne le bois jamais pur, ou la folie te prendra comme elle prit les filles de Minyas ! Verse-le dans le cratère, marie-le à l'eau de source, adoucis-le d'un peu de miel du mont Hymette — et avant de porter la kylix à tes lèvres, laisse tomber quelques gouttes sur la terre, pour moi. Bois lentement, chante, ris : c'est ainsi qu'on m'honore.
- •Vin rouge sombre — une mesure (base, le don du dieu)
- •Eau de source — trois mesures (tempère l'ivresse, civilise le vin)
- •Miel de thym — à discrétion (adoucit l'âpreté)
- •Thym ou cannelle (kasia) — un brin (parfum)
Le kratère de vin miellé pour la libation
Du vin rouge allongé d'eau, adouci d'un trait de miel et parfumé d'une herbe, servi tiède ou frais selon la saison. La boisson qui ouvre et clôt tout banquet grec, à la fois plaisir et offrande.
Pourquoi ce plat ? Dionysos EST le vin : c'est le don qu'il fait aux hommes. Le cratère où l'on mêle l'eau et le vin avant de boire ensemble est l'objet même de son culte, et chaque symposion s'ouvre par une libation versée en son honneur.
Approche, mortel, et n'aie pas peur de la coupe. Ce vin, c'est moi qui l'ai apporté aux hommes pour qu'ils oublient un instant le poids de leurs jours. Mais retiens bien ceci : ne le bois jamais pur, ou la folie te prendra comme elle prit les filles de Minyas ! Verse-le dans le cratère, marie-le à l'eau de source, adoucis-le d'un peu de miel du mont Hymette — et avant de porter la kylix à tes lèvres, laisse tomber quelques gouttes sur la terre, pour moi. Bois lentement, chante, ris : c'est ainsi qu'on m'honore.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin rouge sombre — une mesure (base, le don du dieu)
- Eau de source — trois mesures (tempère l'ivresse, civilise le vin)
- Miel de thym — à discrétion (adoucit l'âpreté)
- Thym ou cannelle (kasia) — un brin (parfum)
Ingrédients
- Vin rouge corsé (côtes-du-rhône, grenache) — 20 cl (base)
- Eau de source — 40 à 60 cl (allonge le vin)
- Miel liquide — 2 c. à soupe (douceur)
- Bâton de cannelle ou branche de thym — 1 (parfum)
Préparation
- Faire tiédir doucement l'eau avec le miel et la cannelle (ou le thym) jusqu'à ce que le miel se dissolve, sans bouillir.
- Retirer du feu et laisser infuser dix minutes, puis ôter l'épice.
- Verser le vin dans un grand récipient (le cratère), puis ajouter l'eau miellée tiède en mélangeant.
- Servir dans des coupes larges et peu profondes. Pour les jeunes convives ou la classe, remplacer le vin par du jus de raisin rouge.
Comment on faisait : Les Grecs trouvaient barbare de boire le vin pur. On le mélangeait toujours dans le cratère, en proportions débattues lors du banquet : Hésiode conseillait trois parts d'eau pour une de vin. On le parfumait de miel, de résine de pin (ancêtre du retsina), de thym ou d'épices venues d'Orient.
Le twist contemporain : Servi frais en été dans une grande coupe partagée au centre de la table : un 'cratère' convivial où chacun puise à la louche, exactement comme il y a 2500 ans.
Sources : Hésiode, Les Travaux et les Jours · Athénée de Naucratis, Le Banquet des sophistes (Deipnosophistes)
Dionysos · Charactorium