La carte de Emmanuel Kant
Hauptgericht (plat de résistance du Mittagsmahl)

Königsberger Klopse — boulettes à la sauce blanche aux câpres

FestifReconstitution🧂 🍄 🍋moyen1 h

Des boulettes de viande hachée mijotées dans un bouillon, puis nappées d'une sauce blanche citronnée et acidulée aux câpres. Un plat doux et piquant à la fois, à la fois rassasiant et délicat.

Pourquoi ce plat ? Plat emblématique de Königsberg, ville où Kant naquit, enseigna et mourut sans presque jamais en sortir. Ces boulettes en sauce claire, relevées de câpres et d'anchois, incarnent la cuisine bourgeoise de la Prusse-Orientale qu'on servait aux tables réglées comme la sienne, à l'heure exacte du déjeuner.
Je vous le confesse sans détour : l'esprit ne saurait spéculer sereinement sur une digestion en désordre. À ma table de Königsberg, à treize heures sonnantes, on me présentait ces boulettes claires, baignées de leur sauce aux câpres dont l'acidité réveille le palais comme une bonne objection réveille la raison. J'y ajoutais ma moutarde, toujours, et je tenais qu'un repas doit nourrir trois fois : la bouche, l'amitié et la conversation. Que mes hôtes goûtent donc, mais qu'ils gardent pour le dessert le soin de me contredire.
Emmanuel Kant
Ingrédients
  • Viande de veau et de porc hachéesune bonne portion pour chaque convive (base des boulettes)
  • Pain rassis trempé dans le laitune mie (liant)
  • Œufquelques (liant)
  • Oignon hachéun (aromate)
  • Anchois salésdeux ou trois filets (umami, sel)
  • Câpres au vinaigreune bonne cuillerée (acidité, signature)
  • Beurre et farineà parts égales (roux pour la sauce)
  • Bouillon de viandece qu'il faut (cuisson et sauce)
  • Jus de citronun trait (acidité)
Comment on faisait : Dans la Prusse-Orientale du XVIIIe siècle, les boulettes étaient pochées dans le bouillon plutôt que frites, ce qui les gardait tendres et fournissait la base de la sauce. Câpres et anchois, importés par le commerce baltique de Königsberg (port hanséatique), apportaient l'acidité et le salé sans dépendre d'épices coûteuses. La pomme de terre, diffusée en Prusse après les édits de Frédéric II (dès 1756), accompagnait alors couramment ces plats.