Agneau rôti au miel et au garum (assum mellitum)
Un gigot ou une épaule d'agneau lentement rôti, badigeonné d'un glaçage aigre-doux de miel, de garum et de poivre, parfumé de coriandre et de livèche. La peau caramélise, la chair reste fondante : le grand plat de viande des banquets méditerranéens, à la croisée du salé profond et du sucré ambré.
Un gigot ou une épaule d'agneau lentement rôti, badigeonné d'un glaçage aigre-doux de miel, de garum et de poivre, parfumé de coriandre et de livèche. La peau caramélise, la chair reste fondante : le grand plat de viande des banquets méditerranéens, à la croisée du salé profond et du sucré ambré.
C'est ainsi qu'on me servit chez Didon, sur les rivages de Carthage, quand la mer m'avait tout pris sauf mes hommes. Faites rôtir la bête entière au feu vif, puis nappez-la de miel et de cette saumure de poisson dont nul Troyen ne saurait se passer — l'un adoucit, l'autre fortifie. Versez le vin sans le compter, car un hôte qu'on honore doit oublier ses chagrins. Moi, ce soir-là, je mangeai en pleurant Troie, mais je bénis la table qui m'accueillait.
- •Agneau (épaule ou gigot) — une pièce (viande noble du banquet)
- •Garum — à discrétion (umami salé fermenté)
- •Miel — généreux (glaçage sucré)
- •Poivre, coriandre, livèche — selon le goût (aromates)
- •Vin réduit (defrutum) — un filet (liant et couleur)
- •Huile d'olive — un trait (matière grasse)
Agneau rôti au miel et au garum (assum mellitum)
Un gigot ou une épaule d'agneau lentement rôti, badigeonné d'un glaçage aigre-doux de miel, de garum et de poivre, parfumé de coriandre et de livèche. La peau caramélise, la chair reste fondante : le grand plat de viande des banquets méditerranéens, à la croisée du salé profond et du sucré ambré.
Pourquoi ce plat ? À Carthage, la reine Didon offre à Énée et ses compagnons épuisés un banquet somptueux où l'on sert « les chairs des bêtes » et le vin coule à flots (Énéide, livre I). C'est le festin de l'hospitalité par excellence, celui où Énée raconte la chute de Troie. Un agneau rôti, glacé de miel et relevé de garum, incarne ce moment de faste partagé entre deux peuples.
C'est ainsi qu'on me servit chez Didon, sur les rivages de Carthage, quand la mer m'avait tout pris sauf mes hommes. Faites rôtir la bête entière au feu vif, puis nappez-la de miel et de cette saumure de poisson dont nul Troyen ne saurait se passer — l'un adoucit, l'autre fortifie. Versez le vin sans le compter, car un hôte qu'on honore doit oublier ses chagrins. Moi, ce soir-là, je mangeai en pleurant Troie, mais je bénis la table qui m'accueillait.
Ingrédients (version d’époque)
- Agneau (épaule ou gigot) — une pièce (viande noble du banquet)
- Garum — à discrétion (umami salé fermenté)
- Miel — généreux (glaçage sucré)
- Poivre, coriandre, livèche — selon le goût (aromates)
- Vin réduit (defrutum) — un filet (liant et couleur)
- Huile d'olive — un trait (matière grasse)
Ingrédients
- Épaule d'agneau — 1,2 kg (pièce à rôtir)
- Sauce nuoc-mâm (substitut de garum) — 3 c. à soupe (umami fermenté)
- Miel liquide — 3 c. à soupe (glaçage)
- Poivre noir moulu — 1 c. à café (épice)
- Graines de coriandre moulues — 1 c. à café (parfum)
- Livèche (ou céleri-branche) — 1 c. à café hachée (note herbacée antique)
- Vin rouge réduit + huile d'olive — 5 cl + 2 c. à soupe (sauce et badigeon)
Préparation
- Préchauffer le four à 160 °C.
- Mélanger nuoc-mâm, miel, poivre, coriandre, livèche, vin réduit et huile d'olive pour obtenir un glaçage.
- Inciser l'agneau, le badigeonner de la moitié du glaçage et le poser dans un plat.
- Rôtir 2 h 30 à 160 °C en arrosant régulièrement avec le jus.
- Monter à 210 °C les 15 dernières minutes après avoir étalé le reste du glaçage, pour caraméliser la surface.
- Laisser reposer 10 minutes, puis servir avec son jus dans un grand plat à partager.
Comment on faisait : Les Romains raffolaient des viandes en sauce aigre-douce. Le livre de cuisine attribué à Apicius regorge de recettes mêlant garum, miel et defrutum (moût de raisin réduit). Le porc était plus courant que l'agneau, mais l'agneau et la chèvre tenaient une grande place dans les banquets de l'aristocratie et les sacrifices, où la viande consommée venait souvent de l'animal offert aux dieux.
Le twist contemporain : Servi effiloché sur une galette d'épeautre tiède, façon « street-food du Latium », avec un trait de garum-miel en finition pour un effet brillant et laqué.
Sources : Apicius, De re coquinaria, livre VII et VIII · Virgile, Énéide, livre I (banquet de Didon)
Énée · Charactorium