Tyros au miel et au thym — pour « faire bombance »
Du fromage frais de chèvre ou de brebis, nappé de miel et parfumé de thym, posé sur la maza. La seule fantaisie qu'Épicure s'autorisait — preuve qu'on peut faire la fête avec presque rien.
Du fromage frais de chèvre ou de brebis, nappé de miel et parfumé de thym, posé sur la maza. La seule fantaisie qu'Épicure s'autorisait — preuve qu'on peut faire la fête avec presque rien.
Tu veux savoir ce qu'était, pour moi, un jour de fête ? Un ami m'envoyait un petit pot de fromage, et alors je me disais : aujourd'hui, je ferai bombance ! Je le posais sur ma galette d'orge, je versais un peu de miel de l'Hymette, j'effeuillais du thym dessus — et ce festin-là valait, à mes yeux, tous les banquets dorés des grands. Comprends bien : ce n'est pas la quantité qui réjouit, c'est le contentement du cœur qui ne manque de rien.
- •Fromage frais de chèvre ou de brebis (tyros) — un petit pot (vedette)
- •Miel (de l'Hymette) — quelques cuillerées (douceur)
- •Thym frais — quelques brins (parfum)
- •Maza d'orge — une galette (support)
Tyros au miel et au thym — pour « faire bombance »
Du fromage frais de chèvre ou de brebis, nappé de miel et parfumé de thym, posé sur la maza. La seule fantaisie qu'Épicure s'autorisait — preuve qu'on peut faire la fête avec presque rien.
Pourquoi ce plat ? Épicure écrivait à un ami de lui envoyer « un petit pot de fromage, afin que je puisse faire bombance quand je le voudrai ». Ce fromage frais arrosé de miel était son idée du luxe : un excès si modeste qu'il en devient tendre et presque comique.
Tu veux savoir ce qu'était, pour moi, un jour de fête ? Un ami m'envoyait un petit pot de fromage, et alors je me disais : aujourd'hui, je ferai bombance ! Je le posais sur ma galette d'orge, je versais un peu de miel de l'Hymette, j'effeuillais du thym dessus — et ce festin-là valait, à mes yeux, tous les banquets dorés des grands. Comprends bien : ce n'est pas la quantité qui réjouit, c'est le contentement du cœur qui ne manque de rien.
Ingrédients (version d’époque)
- Fromage frais de chèvre ou de brebis (tyros) — un petit pot (vedette)
- Miel (de l'Hymette) — quelques cuillerées (douceur)
- Thym frais — quelques brins (parfum)
- Maza d'orge — une galette (support)
Ingrédients
- Fromage frais de chèvre (type brousse ou faisselle) — 150 g (vedette)
- Miel liquide (thym ou toutes fleurs) — 2 c. à soupe (douceur)
- Thym frais — 4 à 5 brins (parfum)
- Galette d'orge (recette r1) — 1 à 2 (support)
- Sésame grillé — 1 c. à café (option) (croquant)
Préparation
- Égouttez le fromage frais et déposez-le en dôme sur une assiette ou sur la galette d'orge tiède.
- Arrosez généreusement de miel.
- Effeuillez le thym par-dessus et, si vous aimez, parsemez de sésame grillé.
- Servez aussitôt, à partager directement avec les doigts ou des morceaux de galette.
Comment on faisait : Le tyros, fromage frais de lait de chèvre ou de brebis, était un opson courant. L'association fromage frais + miel est attestée dès la Grèce archaïque (on la retrouve dans les premiers « gâteaux » au fromage). Le miel du mont Hymette, près d'Athènes, était réputé le meilleur du monde grec.
Le twist contemporain : Dressez-le en « assiette du Jardin » : quenelle de fromage, fil de miel, fleur de thym, et une étiquette manuscrite « le festin du philosophe ».
Sources : Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, X (lettre où Épicure réclame un pot de fromage) · Andrew Dalby, Siren Feasts: A History of Food and Gastronomy in Greece (1996)
Épicure · Charactorium