La carte de Eugène III
Provende de route (vivres du voyage)

Pain bis de seigle et pois chiches du pèlerin

VoyageÉvocation🧂 🍄moyen1 h (hors levée)

Un en-cas de route : galette de pain bis de seigle et pois chiches rôtis au sel et à la sauge, qui se conserve et se mange à la main. Robuste, salé, parfumé d'herbe sèche.

Provende de route (vivres du voyage)

Un en-cas de route : galette de pain bis de seigle et pois chiches rôtis au sel et à la sauge, qui se conserve et se mange à la main. Robuste, salé, parfumé d'herbe sèche.

On me chassa de Rome plus d'une fois, et je connus les longues routes — vers Viterbe, vers Vézelay où j'envoyai Bernard prêcher la croisade. En chemin, le moine ne se charge pas : un quignon de pain bis qui ne moisit point, une poignée de pois chiches grillés au sel, un peu d'huile dans une fiole. Fais griller tes pois jusqu'à ce qu'ils craquent sous la dent, garde-les dans un linge ; ils te soutiendront du matin à vêpres sans peser dans la besace. Telle est la table du pèlerin, et elle vaut bien celle des rois.
Eugène III
Ingrédients
  • Farine de seigle (pain bis)ce qu'il faut (galette de voyage)
  • Levainun peu (fermentation)
  • Pois chiches secsdeux poignées (en-cas protéiné)
  • Selà mesure (assaisonnement et conservation)
  • Sauge séchéeune pincée (parfum)
  • Huile d'oliveun filet (goût)
Comment on faisait : Le pain bis (de seigle ou méteil, non blanc) était le pain du peuple et du moine, plus dense et de meilleure garde que le pain blanc réservé aux puissants. Les pois chiches, cultivés en Méditerranée depuis l'Antiquité, se grillaient (cicer frictum des Romains) pour faire un en-cas sec et durable, idéal pour les déplacements. Pèlerins, clercs et armées en marche emportaient ces vivres sobres ; l'huile en fiole et le sel, conservateur naturel, complétaient la besace.
Sources : B. Laurioux, Manger au Moyen Âge · M. Montanari, La faim et l'abondance · Apicius / tradition du cicer frictum (pois chiches grillés)