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Chicha de quinua — boisson fermentée de grain
Pourquoi ce plat ? Aucune fête de village, aucun baptême ne se passait sans chicha : on en offrait aux parrains, on en versait un peu à la terre avant de boire. Pour la naissance de sa fille Juana, Eulalia et ses proches auront partagé une jarre de cette boisson aigre-douce, ciment de toute célébration andine.
Un grain (ici la quinua, parfois le maïs) légèrement germé, bouilli puis laissé fermenter dans une jarre de terre jusqu'à devenir une boisson trouble, douce-acidulée et à peine pétillante. Désaltérante, nourrissante, et au cœur de toute vie sociale.
Avant de porter la jarre à mes lèvres, j'en verse toujours une gorgée sur le sol — pour la Pachamama d'abord, que le curé le veuille ou non. Je laisse germer le grain quelques jours, je le fais bouillir, puis je le confie à la grande jarre de terre dans un coin tiède de la maison, et j'attends que le temps fasse son travail. Elle tourne, elle devient aigre et douce à la fois ; c'est elle qui délie les langues aux baptêmes et réchauffe les vieux. Bois lentement, elle est plus forte qu'elle n'en a l'air.
- •Quinoa (ou maïs) germé — plusieurs poignées (base fermentescible)
- •Eau de source — une grande jarre (liquide)
- •Temps et chaleur du foyer — 2 à 4 jours (agent de fermentation (levures sauvages))
Chicha de quinua — boisson fermentée de grain
Un grain (ici la quinua, parfois le maïs) légèrement germé, bouilli puis laissé fermenter dans une jarre de terre jusqu'à devenir une boisson trouble, douce-acidulée et à peine pétillante. Désaltérante, nourrissante, et au cœur de toute vie sociale.
Pourquoi ce plat ? Aucune fête de village, aucun baptême ne se passait sans chicha : on en offrait aux parrains, on en versait un peu à la terre avant de boire. Pour la naissance de sa fille Juana, Eulalia et ses proches auront partagé une jarre de cette boisson aigre-douce, ciment de toute célébration andine.
Avant de porter la jarre à mes lèvres, j'en verse toujours une gorgée sur le sol — pour la Pachamama d'abord, que le curé le veuille ou non. Je laisse germer le grain quelques jours, je le fais bouillir, puis je le confie à la grande jarre de terre dans un coin tiède de la maison, et j'attends que le temps fasse son travail. Elle tourne, elle devient aigre et douce à la fois ; c'est elle qui délie les langues aux baptêmes et réchauffe les vieux. Bois lentement, elle est plus forte qu'elle n'en a l'air.
Ingrédients (version d’époque)
- Quinoa (ou maïs) germé — plusieurs poignées (base fermentescible)
- Eau de source — une grande jarre (liquide)
- Temps et chaleur du foyer — 2 à 4 jours (agent de fermentation (levures sauvages))
Ingrédients
- Quinoa — 250 g (base fermentescible)
- Eau — 2 L (liquide)
- Un peu de sucre de canne non raffiné (chancaca) — 2 c. à soupe (optionnel) (relance la fermentation)
Préparation
- Faire tremper le quinoa puis le laisser germer 2 à 3 jours dans un linge humide, en rinçant matin et soir.
- Bouillir le grain germé dans l'eau 30 à 40 min, laisser tiédir.
- Verser dans un récipient en terre ou en verre propre, couvrir d'un linge et laisser fermenter à température ambiante (20–25 °C) 2 à 4 jours, en goûtant : on arrête quand c'est agréablement acidulé.
- Filtrer, servir frais. Conserver au frais et consommer sous quelques jours (boisson très peu alcoolisée, à réserver aux adultes au-delà de 2 jours de fermentation).
- Note de prudence : utiliser un récipient parfaitement propre et goûter régulièrement ; jeter si l'odeur devient déplaisante.
Comment on faisait : La chicha, le plus souvent de maïs (chicha de jora), était produite et vendue par les femmes (chicheras) et structurait la vie sociale andine ; l'administration coloniale a tour à tour taxé et tenté de réglementer sa fabrication. La libation d'une première gorgée à la terre (la ch'alla) accompagnait chaque boisson.
Le twist contemporain : Servie bien fraîche dans un verre avec un zeste, c'est une « eau fermentée » de grain, cousine andine du kvas, parfaite pour qui aime les boissons vivantes peu sucrées.
Eulalia Bermúdez · Charactorium





