La carte de Eulalia Bermúdez
Plat de partage des jours de fête (servi sur la mast'a)

Chuño phuti — chuño réhydraté à la graisse et au fromage frais

FestifReconstitution🧂 🍄moyen45 min (hors trempage 12 h)

Le chuño noir, trempé puis bouilli, retrouve un cœur moelleux ; on le saute dans la graisse et on l'écrase tiède contre un fromage frais de brebis. Plat humble mais de fête, signe qu'on a su garder des vivres toute l'année.

Plat de partage des jours de fête (servi sur la mast'a)

Le chuño noir, trempé puis bouilli, retrouve un cœur moelleux ; on le saute dans la graisse et on l'écrase tiède contre un fromage frais de brebis. Plat humble mais de fête, signe qu'on a su garder des vivres toute l'année.

Aujourd'hui on baptise ma Juana, alors je sors le chuño que j'ai gelé et foulé tout l'hiver dernier. Il faut le faire tremper dès la veille, sinon il reste dur comme une pierre du chemin de Potosí. Je le presse entre mes mains pour chasser l'eau noire, je le fais sauter dans un peu de graisse, et je l'écrase contre le fromage frais que la voisine a tiré de sa brebis. Mange, compadre : ce petit caillou noir a sauvé plus de familles que tu ne crois.
Eulalia Bermúdez
Ingrédients
  • Chuño (pommes de terre lyophilisées)une bonne poignée par convive (socle)
  • Eau pour le trempageabondante (réhydratation)
  • Graisse de lama ou de moutonselon l'aisance (matière grasse de cuisson)
  • Fromage frais de brebisà volonté (garniture, liant)
  • Sel de mineune pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : On distinguait le chuño noir (gelé et foulé tel quel) et le chuño blanc, ou tunta, rincé longuement à l'eau courante. Le chuño se conservait des années dans les greniers de pierre (qollqa) et servait aussi d'unité d'échange et de tribut sous l'administration coloniale de Charcas.