Lawa de quinua — bouillie épaisse de quinoa
Une bouillie crémeuse de quinoa moulu, liée jusqu'à napper la cuillère, relevée d'un peu d'herbe d'altitude et, les bons jours, d'un filet de graisse. Le ventre se remplit, le froid recule.
Une bouillie crémeuse de quinoa moulu, liée jusqu'à napper la cuillère, relevée d'un peu d'herbe d'altitude et, les bons jours, d'un filet de graisse. Le ventre se remplit, le froid recule.
Viens t'asseoir près du feu, hija, la nuit est froide à Toroca. Je lave la quinua sept fois pour ôter l'amertume que Dieu a mise dessus, puis je la fais tourner dans l'eau jusqu'à ce qu'elle épaississe comme du lait du ciel. Une pincée de sel de la mine, un brin de paico, et nous mangeons tous au même pot, en remerciant la Vierge et la terre qui ne nous oublient pas. Ce n'est pas un repas de seigneurs, mais il a tenu mes enfants debout.
- •Quinoa — deux poignées (socle, féculent)
- •Eau de source — ce qu'il faut (liquide de cuisson)
- •Sel de mine — une pincée (assaisonnement)
- •Paico (épazote andin) — un brin (herbe aromatique et digestive)
- •Graisse de lama ou de mouton — un peu, les jours fastes (matière grasse)
Lawa de quinua — bouillie épaisse de quinoa
Une bouillie crémeuse de quinoa moulu, liée jusqu'à napper la cuillère, relevée d'un peu d'herbe d'altitude et, les bons jours, d'un filet de graisse. Le ventre se remplit, le froid recule.
Pourquoi ce plat ? Eulalia n'est connue que comme mère d'une enfant baptisée à Toroca : une femme du commun de l'altiplano. La lawa de quinua était la bouillie de tous les jours, celle qu'une mère faisait mijoter pour nourrir un foyer avec presque rien — le plat le plus probable de sa marmite.
Viens t'asseoir près du feu, hija, la nuit est froide à Toroca. Je lave la quinua sept fois pour ôter l'amertume que Dieu a mise dessus, puis je la fais tourner dans l'eau jusqu'à ce qu'elle épaississe comme du lait du ciel. Une pincée de sel de la mine, un brin de paico, et nous mangeons tous au même pot, en remerciant la Vierge et la terre qui ne nous oublient pas. Ce n'est pas un repas de seigneurs, mais il a tenu mes enfants debout.
Ingrédients (version d’époque)
- Quinoa — deux poignées (socle, féculent)
- Eau de source — ce qu'il faut (liquide de cuisson)
- Sel de mine — une pincée (assaisonnement)
- Paico (épazote andin) — un brin (herbe aromatique et digestive)
- Graisse de lama ou de mouton — un peu, les jours fastes (matière grasse)
Ingrédients
- Quinoa — 150 g (socle, féculent)
- Eau — 1,2 L (liquide de cuisson)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
- Origan ou un peu de coriandre fraîche — 1 c. à café (remplace le paico)
- Huile ou beurre — 1 c. à soupe (matière grasse)
Préparation
- Rincer abondamment le quinoa sous l'eau froide en frottant entre les mains, jusqu'à ce que l'eau soit claire (cela retire la saponine amère).
- Verser le quinoa dans l'eau salée froide et porter doucement à ébullition.
- Laisser frémir 25 à 30 min en remuant souvent, jusqu'à obtenir une bouillie épaisse et liée.
- En fin de cuisson, ajouter l'herbe et la matière grasse, mélanger, et servir très chaud dans des bols.
Comment on faisait : Sur l'altiplano, la quinua se moulait souvent à la pierre (batán) avant cuisson pour gagner du temps de feu, denrée rare à 3 500 m. La lawa désignait toute bouillie liée ; on l'épaississait selon ce qu'on avait : quinoa, fève de l'année, ou farine de chuño.
Le twist contemporain : Servie en bol fumant avec un œuf poché posé dessus et un trait d'huile aux herbes : la lawa devient un porridge salé de saison froide tout à fait contemporain.
Eulalia Bermúdez · Charactorium


