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Cazuela de campo (cazuela paysanne)
Pourquoi ce plat ? La cazuela est le cœur de la table campesina du valle de Elqui où Lucila Godoy a grandi : un bouillon long et parfumé qui rassasie toute une maisonnée modeste à peu de frais. Frugale par habitude, Mistral est restée fidèle toute sa vie à cette cuisine sobre de la campagne chilienne, indifférente aux raffinements des dîners diplomatiques.
Un bouillon clair et réconfortant où mijotent un morceau de viande, une pomme de terre entière, un quartier de zapallo (courge-potiron andine), du maïs et du riz ou du blé. Chaque assiette livre un petit trésor de légumes dans un consommé doré.
Mira, esta cazuela, c'est la table de ma vallée tout entière dans un bol. Chez nous, à Vicuña, on ne jetait rien : un peu de viande, la courge mûrie au soleil d'Elqui, la papa, l'épi de maïs — et l'eau faisait le reste, lentement, sans hâte. Ma mère disait que le secret n'était pas dans la viande mais dans la patience du feu. Sers-toi le morceau de courge en dernier, mi niño, c'est la part la plus douce, celle qu'on garde pour qui on aime.
- •Morceau de viande de bœuf à pot-au-feu (ou poule) — un os charnu par convive (socle du bouillon)
- •Zapallo (courge andine) — un gros quartier (douceur et liant)
- •Pommes de terre — une entière par personne (féculent)
- •Maïs en épis — un demi-épi par personne (garniture)
- •Riz ou blé concassé — une poignée (épaississant)
- •Oignon, ail, origan séché — selon le goût (aromates)
Cazuela de campo (cazuela paysanne)
Un bouillon clair et réconfortant où mijotent un morceau de viande, une pomme de terre entière, un quartier de zapallo (courge-potiron andine), du maïs et du riz ou du blé. Chaque assiette livre un petit trésor de légumes dans un consommé doré.
Pourquoi ce plat ? La cazuela est le cœur de la table campesina du valle de Elqui où Lucila Godoy a grandi : un bouillon long et parfumé qui rassasie toute une maisonnée modeste à peu de frais. Frugale par habitude, Mistral est restée fidèle toute sa vie à cette cuisine sobre de la campagne chilienne, indifférente aux raffinements des dîners diplomatiques.
Mira, esta cazuela, c'est la table de ma vallée tout entière dans un bol. Chez nous, à Vicuña, on ne jetait rien : un peu de viande, la courge mûrie au soleil d'Elqui, la papa, l'épi de maïs — et l'eau faisait le reste, lentement, sans hâte. Ma mère disait que le secret n'était pas dans la viande mais dans la patience du feu. Sers-toi le morceau de courge en dernier, mi niño, c'est la part la plus douce, celle qu'on garde pour qui on aime.
Ingrédients (version d’époque)
- Morceau de viande de bœuf à pot-au-feu (ou poule) — un os charnu par convive (socle du bouillon)
- Zapallo (courge andine) — un gros quartier (douceur et liant)
- Pommes de terre — une entière par personne (féculent)
- Maïs en épis — un demi-épi par personne (garniture)
- Riz ou blé concassé — une poignée (épaississant)
- Oignon, ail, origan séché — selon le goût (aromates)
Ingrédients
- Jarret de bœuf (ou cuisses de poulet) — 4 morceaux (socle du bouillon)
- Potiron ou courge musquée — 400 g en gros cubes (douceur et liant)
- Pommes de terre moyennes — 4 (féculent)
- Maïs — 2 demi-épis (garniture)
- Riz — 100 g (épaississant)
- Oignon — 1 (aromate)
- Ail — 2 gousses (aromate)
- Origan séché, sel — 1 c. à café d'origan (assaisonnement)
Préparation
- Faire revenir l'oignon et l'ail, ajouter la viande et la colorer.
- Couvrir d'eau (environ 2 litres), saler, et laisser mijoter doucement 1 h à couvert en écumant.
- Ajouter les pommes de terre entières et les demi-épis de maïs, poursuivre 20 min.
- Ajouter le potiron et le riz, cuire encore 15-20 min jusqu'à tendreté.
- Parfumer à l'origan en fin de cuisson. Servir un morceau de chaque légume et de viande dans chaque bol, bien arrosé de bouillon.
Comment on faisait : Dans les maisons paysannes du nord chical, la cazuela mijotait dans une marmite de terre sur le feu de bois une bonne partie de la matinée. On adaptait au contenu du potager et de la basse-cour ; la version à la poule (cazuela de ave) était celle des jours un peu meilleurs.
Le twist contemporain : Servie dans un bol creux en terre cuite, on dépose au centre l'épi de maïs débout comme une petite tour dorée, et une pluie d'origan frais.
Sources : Eugenio Pereira Salas, Apuntes para la historia de la cocina chilena (1943)
Gabriela Mistral · Charactorium





