La carte de Gilgamesh
Tuh'u — brouet d'agneau à la betterave, poireau et ail
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Le brouet de la marmite (mersu salé du banquet royal)

Tuh'u — brouet d'agneau à la betterave, poireau et ail

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Le brouet de la marmite (mersu salé du banquet royal)

Tuh'u — brouet d'agneau à la betterave, poireau et ail

Pourquoi ce plat ? Un roi d'Uruk reçoit, et l'épopée regorge de festins. Le tuh'u figure parmi les plus anciennes recettes écrites du monde, gravées sur des tablettes akkadiennes (collection de Yale, vers 1750 av. J.-C.) — un brouet de fête digne de la table où Gilgamesh, mi-homme mi-dieu, festoyait dans sa cité aux hauts remparts.

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Le brouet de la marmite (mersu salé du banquet royal)

Un ragoût rouge profond d'agneau mijoté avec de la betterave (rouge sumérien), du poireau, de l'ail écrasé, relevé de coriandre et de cumin, et lié au fond fermenté de siqqu. Onctueux, parfumé, royal.

Écoute le roi qui a rapporté la plante de jouvence du fond des eaux : quand les princes des cités voisines venaient sous mes murs, on dressait le tuh'u dans les marmites de bronze. On y jette la viande de l'agneau gras, l'eau, la graisse ; puis vient le rouge de la terre, le poireau et l'ail qu'on écrase ensemble, et la coriandre fraîche au dernier moment. Le secret, c'est le siqqu, cette saumure de poisson qui réveille tout — sans elle, un brouet n'est qu'eau et viande. On le mangeait avec le pain, jamais sans bière.
Gilgamesh
Ingrédients
  • Viande d'agneau (épaule, gigot)une belle pièce (base)
  • Graisse de moutonun morceau (richesse)
  • Betterave (rouge)quelques-unes (couleur et douceur)
  • Poireau et oignonen abondance (aromates)
  • Ail écraségénéreux (puissance)
  • Siqqu (saumure de poisson fermentée)un trait (fond umami)
  • Coriandre fraîche, cuminau goût (parfum)
  • Selselon le siqqu (assaisonnement)
Comment on faisait : Les tablettes culinaires de la collection babylonienne de Yale (env. 1750 av. J.-C.) contiennent une vingtaine de recettes de brouets, dont le tuh'u. Elles indiquent les ingrédients (viande, graisse, oignon, poireau, ail, herbes) sans quantités, comme des aide-mémoire pour cuisiniers déjà experts. Le siqqu, saumure fermentée, jouait le rôle de notre sauce soja ou nuoc-mâm.
Sources : Yale Babylonian Collection, tablettes culinaires YBC 4644 / YBC 8958 / YBC 4648, vers 1750 av. J.-C. · Jean Bottéro, The Oldest Cuisine in the World: Cooking in Mesopotamia, University of Chicago Press, 2004 · Gojko Barjamovic et al., 'Pots and Plays' / projet Ancient Mesopotamian recipes, Harvard, 2019

Voir aussi