Buna — café de Harar, cérémonie en trois tournées
Un café préparé sous les yeux des convives : grains verts torréfiés à la poêle, pilés, infusés dans la jebena d'argile et versés de haut en trois tournées rituelles (abol, tona, baraka). Corsé, profondément aromatique, franchement amer.
Un café préparé sous les yeux des convives : grains verts torréfiés à la poêle, pilés, infusés dans la jebena d'argile et versés de haut en trois tournées rituelles (abol, tona, baraka). Corsé, profondément aromatique, franchement amer.
Le café est né de Nos terres, et nul part on ne l'honore comme à Harar, ville de Mon enfance. On torréfie les grains verts là, devant l'invité, pour qu'il en respire la fumée bénie ; on les pile, on les jette dans la jebena de terre, et l'on verse le breuvage de haut, en un fil sûr, dans les petites tasses sans anse. Trois tournées se succèdent — abol, tona, baraka — et quitter avant la troisième, celle de la bénédiction, serait offenser la maison. Asseyez-vous, l'encens brûle, le temps n'a plus d'empire ici.
- •Café vert de Harar — une poignée (grain à torréfier)
- •Eau — selon la jebena (infusion)
- •Encens et herbes (facultatif) — un peu (ambiance cérémonielle)
Buna — café de Harar, cérémonie en trois tournées
Un café préparé sous les yeux des convives : grains verts torréfiés à la poêle, pilés, infusés dans la jebena d'argile et versés de haut en trois tournées rituelles (abol, tona, baraka). Corsé, profondément aromatique, franchement amer.
Pourquoi ce plat ? Avant d'être couronné, le jeune Tafari Makonnen passa son enfance et sa jeunesse à Harar, cité de l'est éthiopien dont son père Ras Makonnen était gouverneur — et Harar est l'un des berceaux du café au monde. La cérémonie du buna, où l'on torréfie les grains verts devant les invités, est l'âme de l'hospitalité éthiopienne qui a bercé sa vie.
Le café est né de Nos terres, et nul part on ne l'honore comme à Harar, ville de Mon enfance. On torréfie les grains verts là, devant l'invité, pour qu'il en respire la fumée bénie ; on les pile, on les jette dans la jebena de terre, et l'on verse le breuvage de haut, en un fil sûr, dans les petites tasses sans anse. Trois tournées se succèdent — abol, tona, baraka — et quitter avant la troisième, celle de la bénédiction, serait offenser la maison. Asseyez-vous, l'encens brûle, le temps n'a plus d'empire ici.
Ingrédients (version d’époque)
- Café vert de Harar — une poignée (grain à torréfier)
- Eau — selon la jebena (infusion)
- Encens et herbes (facultatif) — un peu (ambiance cérémonielle)
Ingrédients
- Café vert (idéalement de Harar/Éthiopie) — 60 g (à torréfier soi-même)
- Eau — 60 cl (infusion)
- Sucre ou un peu de sel (selon la région) — au goût (assaisonnement traditionnel)
Préparation
- Torréfier les grains verts à sec dans une poêle en fonte à feu moyen, en remuant, jusqu'à ce qu'ils brunissent et libèrent leur arôme (faire respirer la fumée aux convives).
- Piler grossièrement les grains au mortier (ou moudre assez gros).
- Porter l'eau à frémissement dans une jebena (ou une petite casserole), ajouter le café moulu et laisser infuser/bouillir doucement quelques minutes.
- Laisser décanter le marc, puis verser de haut, d'un geste continu, dans de petites tasses sans anse.
- Servir trois tournées successives — abol, tona, baraka — chacune un peu plus légère, en y ajoutant éventuellement un peu de sucre.
Comment on faisait : La cérémonie du café peut durer une à deux heures : la maîtresse de maison étale des herbes fraîches au sol, fait brûler de l'encens, lave les grains verts puis les torréfie devant tous. La jebena d'argile à long bec et la verse de haut sont caractéristiques. Le café d'Éthiopie, dont la légende attribue la découverte au berger Kaldi, se boit traditionnellement très corsé, parfois salé ou beurré selon les régions.
Le twist contemporain : Pas de café vert ? Torréfiez légèrement des grains déjà torréfiés à la poêle pour réveiller les arômes, et servez en trois petites tasses pour respecter le rythme abol-tona-baraka.
Haile Selassie · Charactorium