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Soupe de pommes de terre à la marjolaine (Kartoffelsuppe)
Pourquoi ce plat ? C'est le plat de tous les jours d'une maison de Cassel, économe et nourrissant, que Dortchen mettait à mijoter pendant que Wilhelm Grimm classait ses contes. La marjolaine, plante d'officine et de jardin, vient du savoir des Wild, apothicaires de père en fille.
Une soupe épaisse de pommes de terre fondues dans un bouillon de légumes, parfumée à la marjolaine et au laurier, liée par sa propre fécule. Le plat-socle d'une cuisine de Hesse : peu d'ingrédients, beaucoup de patience.
Approchez votre écuelle, mon ami, et n'ayez crainte de la simplicité : c'est de ces riens que vit une honnête maison de Cassel. Je pèle mes pommes de terre dans mon tablier, je les laisse fondre tout doucement avec un brin de marjolaine de notre jardin, et je remue jusqu'à ce que la soupe se tienne d'elle-même, sans crème ni façons. Pendant qu'elle chante sur le feu, Wilhelm noircit ses feuillets et moi je me souviens des récits qu'on se contait, enfants, le nez au-dessus de la marmite. Servez-la bien chaude avec une croûte de pain de seigle ; il n'en faut pas davantage pour réchauffer un cœur.
- •Pommes de terre de garde — un grand panier pour la maisonnée (base nourrissante)
- •Oignon et poireau du jardin — selon ce qu'on a (aromates de fond)
- •Carotte et céleri-rave — quelques racines (douceur et corps)
- •Marjolaine séchée — une bonne pincée (parfum signature)
- •Laurier — une feuille (aromate)
- •Saindoux ou beurre — une noix (matière grasse pour suer les légumes)
- •Sel — à la main (assaisonnement)
Soupe de pommes de terre à la marjolaine (Kartoffelsuppe)
Une soupe épaisse de pommes de terre fondues dans un bouillon de légumes, parfumée à la marjolaine et au laurier, liée par sa propre fécule. Le plat-socle d'une cuisine de Hesse : peu d'ingrédients, beaucoup de patience.
Pourquoi ce plat ? C'est le plat de tous les jours d'une maison de Cassel, économe et nourrissant, que Dortchen mettait à mijoter pendant que Wilhelm Grimm classait ses contes. La marjolaine, plante d'officine et de jardin, vient du savoir des Wild, apothicaires de père en fille.
Approchez votre écuelle, mon ami, et n'ayez crainte de la simplicité : c'est de ces riens que vit une honnête maison de Cassel. Je pèle mes pommes de terre dans mon tablier, je les laisse fondre tout doucement avec un brin de marjolaine de notre jardin, et je remue jusqu'à ce que la soupe se tienne d'elle-même, sans crème ni façons. Pendant qu'elle chante sur le feu, Wilhelm noircit ses feuillets et moi je me souviens des récits qu'on se contait, enfants, le nez au-dessus de la marmite. Servez-la bien chaude avec une croûte de pain de seigle ; il n'en faut pas davantage pour réchauffer un cœur.
Ingrédients (version d’époque)
- Pommes de terre de garde — un grand panier pour la maisonnée (base nourrissante)
- Oignon et poireau du jardin — selon ce qu'on a (aromates de fond)
- Carotte et céleri-rave — quelques racines (douceur et corps)
- Marjolaine séchée — une bonne pincée (parfum signature)
- Laurier — une feuille (aromate)
- Saindoux ou beurre — une noix (matière grasse pour suer les légumes)
- Sel — à la main (assaisonnement)
Ingrédients
- Pommes de terre à chair farineuse — 800 g (base nourrissante)
- Oignon — 1 gros (aromate)
- Poireau — 1 blanc (aromate)
- Carotte — 2 (douceur)
- Céleri-rave — 1 petit morceau (150 g) (corps)
- Marjolaine séchée — 1 c. à café (parfum signature)
- Laurier — 1 feuille (aromate)
- Beurre — 30 g (matière grasse)
- Bouillon de légumes — 1,2 L (liquide)
- Sel et poivre — à votre goût (assaisonnement)
Préparation
- Faites suer oignon et poireau émincés dans le beurre, sans coloration.
- Ajoutez carotte, céleri et pommes de terre en dés, faites revenir une minute.
- Mouillez avec le bouillon, ajoutez laurier et la moitié de la marjolaine. Laissez mijoter 25–30 min, jusqu'à ce que les pommes de terre s'écrasent.
- Retirez le laurier. Écrasez grossièrement à la fourchette ou mixez la moitié seulement, pour garder du mordant.
- Rectifiez le sel, ajoutez le reste de marjolaine fraîchement froissée juste avant de servir avec du pain de seigle.
Comment on faisait : Au début du XIXe siècle, la pomme de terre est devenue l'aliment de base des familles de Hesse, surtout en temps de guerre et de disette napoléonienne. On la mijotait au feu de bois dans une marmite de fonte, liée sans crème ni fécule ajoutée : il suffisait d'en écraser une partie. La viande était l'exception, le plus souvent absente.
Le twist contemporain : Une cuillère de fromage blanc battu (Quark) déposée au centre et un voile de marjolaine fraîche : la soupe paysanne prend des airs de Kaffeetafel.
Henriette Dorothea Wild · Charactorium





