La carte de Adrien-Marie Legendre
Soupe à l'oignon des veilles de calcul
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Potage d'ouverture (premier service)

Soupe à l'oignon des veilles de calcul

QuotidienReconstitution🧂 🍄facile1 h 10
Potage d'ouverture (premier service)

Soupe à l'oignon des veilles de calcul

Pourquoi ce plat ? Legendre passait ses nuits à couvrir des cahiers de calculs à la chandelle, dans un appartement parisien sans faste. La soupe à l'oignon, économique et réconfortante, était le souper du travailleur nocturne et du savant frugal : on la trouvait dans toutes les cuisines de la capitale, des Halles aux logements d'académiciens.

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Potage d'ouverture (premier service)

Des oignons longuement blondis dans un peu de beurre, mouillés de bouillon, versés sur des tranches de pain rassis et gratinés. Un plat de pauvre devenu réconfort universel, parfait pour réchauffer une nuit d'étude.

Voyez-vous, je ne suis point homme de festins, et bien des soirs mon souper se réduit à cette humble soupe. Je fais blondir mes oignons tout doucement, sans hâte — c'est là tout le secret, comme en géométrie : la patience résout ce que la précipitation embrouille. Je verse mon bouillon sur des croûtes de pain de la veille, et tandis que cela mijote, je reprends mes tables de nombres. Croyez-moi, l'esprit travaille mieux quand le ventre est chaud et la dépense modeste.
Adrien-Marie Legendre
Ingrédients
  • Oignonsune bonne pincée de la main, soit cinq ou six (base sucrée et fondante)
  • Beurre fraisgros comme un œuf (matière à blondir)
  • Bouillon de potune grande écuelle par convive (mouillement)
  • Pain rassisquelques tranches (socle du potage)
  • Fromage à râper (gruyère)selon le goût (gratin)
Comment on faisait : Avant le gratin de fromage popularisé au XIXe siècle, la soupe à l'oignon se mangeait souvent simplement : pain et bouillon d'oignon, parfois liée d'un jaune d'œuf. C'était la « soupe des Halles » que l'on prenait au petit matin. Le sucre des oignons remplaçait l'opulence absente.
Sources : Menon, La Cuisinière bourgeoise, 1746 · Grimod de la Reynière, Almanach des Gourmands, 1803-1812

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