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Le café noir des nuits de travail
Pourquoi ce plat ? Balzac écrivait La Comédie humaine la nuit, drapé dans sa robe de bure, et carburait à un café qu'il composait lui-même de trois provenances. Sa cafetière en étain figure parmi ses objets emblématiques, et il a décrit sa méthode dans le Traité des excitants modernes.
Un café préparé à froid, presque sans eau, d'une concentration redoutable : Balzac affirmait qu'à jeun il frappait l'estomac comme un coup de fouet et mettait l'esprit en marche.
Approchez, et ne tremblez pas ! Ce café-là, je le compose comme un chimiste son élixir : trois cafés, le Bourbon, le Martinique, le Moka, mariés de ma propre main. Je le veux noir, épais, presque sans eau, et je le prends à jeun, debout dans ma bure de moine. Alors les idées se mettent en marche comme les bataillons de la Grande Armée, et je puis noircir vingt feuillets avant que Paris ne s'éveille. Méfiez-vous pourtant : ce breuvage use l'homme qui en abuse — et j'en abuse, monsieur, j'en abuse !
- •Café en grains (mélange Bourbon, Martinique, Moka) — une forte poignée (âme du breuvage)
- •Eau de source — le strict minimum (extraction lente)
Le café noir des nuits de travail
Un café préparé à froid, presque sans eau, d'une concentration redoutable : Balzac affirmait qu'à jeun il frappait l'estomac comme un coup de fouet et mettait l'esprit en marche.
Pourquoi ce plat ? Balzac écrivait La Comédie humaine la nuit, drapé dans sa robe de bure, et carburait à un café qu'il composait lui-même de trois provenances. Sa cafetière en étain figure parmi ses objets emblématiques, et il a décrit sa méthode dans le Traité des excitants modernes.
Approchez, et ne tremblez pas ! Ce café-là, je le compose comme un chimiste son élixir : trois cafés, le Bourbon, le Martinique, le Moka, mariés de ma propre main. Je le veux noir, épais, presque sans eau, et je le prends à jeun, debout dans ma bure de moine. Alors les idées se mettent en marche comme les bataillons de la Grande Armée, et je puis noircir vingt feuillets avant que Paris ne s'éveille. Méfiez-vous pourtant : ce breuvage use l'homme qui en abuse — et j'en abuse, monsieur, j'en abuse !
Ingrédients (version d’époque)
- Café en grains (mélange Bourbon, Martinique, Moka) — une forte poignée (âme du breuvage)
- Eau de source — le strict minimum (extraction lente)
Ingrédients
- Café de spécialité en grains (assemblage corsé, torréfaction foncée) — 100 g (âme du breuvage)
- Eau froide filtrée — 50 cl (extraction à froid)
Préparation
- Moudre grossièrement le café.
- Le mettre à tremper dans l'eau froide et laisser infuser 12 heures au frais.
- Filtrer lentement à travers un linge ou un filtre papier pour obtenir un concentré très sombre.
- Servir une petite tasse de ce concentré, allongé ou non selon le courage — Balzac, lui, ne l'allongeait guère.
Comment on faisait : Au XIXe siècle, on torréfiait et moulait souvent son café chez soi, et les amateurs comme Balzac assemblaient les crus eux-mêmes. L'infusion à froid concentrait la force sans l'amertume brûlée de l'eau bouillante.
Le twist contemporain : Servez ce « cold brew avant l'heure » dans une petite tasse en étain, étiquetée « ration d'une nuit de chapitre ».
Sources : Honoré de Balzac, Traité des excitants modernes (1839)
Honoré de Balzac · Charactorium





