retournerL'absinthe à l'eau, dite « l'heure verte »
L'absinthe à l'eau, dite « l'heure verte »
Pourquoi ce plat ? Musset était un buveur d'absinthe notoire ; on raconte qu'à la Comédie-Française, où il était administrateur, un confrère aurait dit qu'« il s'absinthe un peu trop » au lieu de « s'absente ». La « fée verte » fut sa muse et son poison, indissociable de sa légende.
Un breuvage d'apéritif : sur un verre d'absinthe, on pose une cuillère ajourée et un sucre, sur lequel on verse l'eau glacée goutte à goutte. Le liquide se trouble en un vert laiteux ; l'amertume de l'armoise et de l'anis s'adoucit.
Ne me jugez pas trop vite, vous qui me lisez. À cinq heures, quand le jour décline sur le boulevard, je m'attable et je convoque ma fée. Posez la cuillère, le sucre dessus, et faites pleurer l'eau froide goutte à goutte — patience ! — jusqu'à ce que la liqueur se voile comme un ciel d'orage. C'est amer, oui, comme certaines amours ; mais sucrez, allongez, et l'amertume devient rêverie. Hélas, j'en ai trop bu — buvez-en moins que moi.
- •Absinthe (distillat d'armoise, anis, fenouil) — une dose (base)
- •Eau très froide — trois à cinq doses (dilution)
- •Morceau de sucre — un (adoucit l'amertume)
L'absinthe à l'eau, dite « l'heure verte »
Un breuvage d'apéritif : sur un verre d'absinthe, on pose une cuillère ajourée et un sucre, sur lequel on verse l'eau glacée goutte à goutte. Le liquide se trouble en un vert laiteux ; l'amertume de l'armoise et de l'anis s'adoucit.
Pourquoi ce plat ? Musset était un buveur d'absinthe notoire ; on raconte qu'à la Comédie-Française, où il était administrateur, un confrère aurait dit qu'« il s'absinthe un peu trop » au lieu de « s'absente ». La « fée verte » fut sa muse et son poison, indissociable de sa légende.
Ne me jugez pas trop vite, vous qui me lisez. À cinq heures, quand le jour décline sur le boulevard, je m'attable et je convoque ma fée. Posez la cuillère, le sucre dessus, et faites pleurer l'eau froide goutte à goutte — patience ! — jusqu'à ce que la liqueur se voile comme un ciel d'orage. C'est amer, oui, comme certaines amours ; mais sucrez, allongez, et l'amertume devient rêverie. Hélas, j'en ai trop bu — buvez-en moins que moi.
Ingrédients (version d’époque)
- Absinthe (distillat d'armoise, anis, fenouil) — une dose (base)
- Eau très froide — trois à cinq doses (dilution)
- Morceau de sucre — un (adoucit l'amertume)
Ingrédients
- Absinthe (ou, pour les mineurs et abstinents, sirop d'anis/pastis sans alcool très dilué) — 3 cl (base aromatique)
- Eau glacée — 12 à 15 cl (dilution)
- Morceau de sucre — 1 (douceur)
Préparation
- Verser l'absinthe au fond d'un verre à pied.
- Poser une cuillère à absinthe ajourée en travers du verre et y déposer le sucre.
- Verser l'eau glacée très lentement, goutte à goutte, sur le sucre jusqu'à dissolution.
- Continuer jusqu'à obtenir un trouble vert laiteux (le « louche »), en dosant l'eau au goût.
- Remuer une fois et déguster frais, sans glaçon.
Comment on faisait : L'absinthe, popularisée après les campagnes d'Algérie, devint le rituel de « l'heure verte » dans les cafés parisiens des années 1840-1850. Le « louche » (trouble laiteux) vient des huiles essentielles d'anis insolubles dans l'eau.
Le twist contemporain : Version sans alcool pour toute la famille : un trait de sirop d'anis et de menthe très dilué dans de l'eau pétillante glacée, versé sur un sucre — le rituel sans l'ivresse.
Sources : Histoire de l'absinthe dans les cafés parisiens du XIXe siècle · Anecdote attribuée à la Comédie-Française sur Musset
Alfred de Musset · Charactorium





