La carte de Jorge Luis Borges
Asado (le grill familial)

Le asado du dimanche

FestifDocumentée🧂 🍄moyen1 h 30

De larges pièces de bœuf grillées lentement sur les braises, salées au gros sel, mangées en famille autour de la parrilla. Le repas-fête par excellence, sans sophistication, où compte la patience du feu.

Asado (le grill familial)

De larges pièces de bœuf grillées lentement sur les braises, salées au gros sel, mangées en famille autour de la parrilla. Le repas-fête par excellence, sans sophistication, où compte la patience du feu.

Le asado, comme la milonga, appartient à la mythologie criolla, et l'on n'y touche pas sans respect. Le secret tient en peu : du gros sel, des braises grises et non des flammes, et le temps — cette vertu que les pressés ignorent. On laisse la viande loin du feu, on ne la pique jamais d'une fourchette qui ferait fuir le sang, on la retourne une seule fois. Mon père y voyait, je crois, une affaire d'hommes du Sud, de ces gauchos que j'ai tant rêvés ; pour moi, c'était surtout le dimanche, la famille, et l'odeur de la pampa entrée par la fenêtre de Buenos Aires.
Jorge Luis Borges
Ingrédients
  • Côtes et pièces de bœuf (tira de asado, vacío)à proportion des convives (viande principale)
  • Gros sel (sal gruesa)généreusement (assaisonnement, croûte)
  • Charbon de bois ou bois durde quoi tenir un long feu (braises)
Comment on faisait : Le asado descend des grandes grillades de la pampa, où les gauchos rôtissaient la viande à la cruz (en croix sur un piquet) près du feu ouvert. En ville, au XXe siècle, il se domestique sur la parrilla familiale, mais garde son code : feu lent, gros sel, viande peu manipulée. Le chimichurri, sauce créole, accompagne sans masquer.

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