La carte de Ka'ahumanu
Socle d'amidon (le « pain » de toute table hawaïenne)

Poi

QuotidienDocumentée🫙 🍋moyen1 h 15 (+ 1 à 3 jours de fermentation)

Une pâte lisse, gris-violacé, faite de racine de taro cuite puis pilée et délayée d'eau. Fraîche, elle est douce et féculente ; laissée un à trois jours, elle s'aigrit doucement par fermentation et devient piquante. On la juge à la densité : poi « à un doigt » (épais), « à deux » ou « à trois doigts » (liquide).

Socle d'amidon (le « pain » de toute table hawaïenne)

Une pâte lisse, gris-violacé, faite de racine de taro cuite puis pilée et délayée d'eau. Fraîche, elle est douce et féculente ; laissée un à trois jours, elle s'aigrit doucement par fermentation et devient piquante. On la juge à la densité : poi « à un doigt » (épais), « à deux » ou « à trois doigts » (liquide).

Approche-toi, et n'aie pas peur de salir tes doigts — ici l'on ne mange pas autrement. Cette racine que tu vois, c'est Hāloa, notre frère aîné sorti de la terre ; le respecter, c'est nous respecter nous-mêmes. À ma table on le pile longuement sur la planche de pierre jusqu'à ce qu'il soit lisse comme l'eau du lagon, puis on le laisse dormir un jour ou deux pour qu'il prenne ce mordant qui réveille la bouche. Goûte-le aigre avec un peu de poisson salé : voilà la vraie nourriture des îles, celle qui a fait nos rois forts.
Ka'ahumanu
Ingrédients
  • Racines de taro (kalo)plusieurs grosses racines (amidon de base)
  • Eau de sourceà volonté (délayage et fermentation)
Comment on faisait : On cuisait le taro à l'imu ou à l'étouffée, puis on le pilait sur une planche de bois (papa kuʻi ʻai) avec un pilon de pierre (pōhaku kuʻi ʻai), geste lent et rythmé réservé aux hommes. L'eau ajoutée déclenchait une fermentation lactique naturelle ; selon les goûts on mangeait le poi du jour, doux, ou « daté » de deux-trois jours, franchement acide.
Sources : Margaret Titcomb, Native Use of Fish in Hawaii (1972) · Rachel Laudan, The Food of Paradise: Exploring Hawaii's Culinary Heritage (1996)

Voir aussi