Stoofvlees à la bière brune (carbonade flamande)
Des morceaux de bœuf longuement mijotés dans la bière brune avec des oignons fondus, liés au pain bis frotté de moutarde. L'aigre-doux du malt et du sirop répond à l'acidité d'un trait de vinaigre : un plat sombre, profond, réconfortant.
Des morceaux de bœuf longuement mijotés dans la bière brune avec des oignons fondus, liés au pain bis frotté de moutarde. L'aigre-doux du malt et du sirop répond à l'acidité d'un trait de vinaigre : un plat sombre, profond, réconfortant.
Tenez, asseyez-vous donc près de l'âtre. Ce ragoût-là, je l'ai humé dès l'enfance, à Anvers, quand le maître Rubens nous laissait broyer les couleurs : il mijotait des heures durant pendant qu'on peignait. On y noie le bœuf dans la bonne bière brune du pays, on jette les oignons, puis l'on couche par-dessus une tranche de pain frottée de moutarde, qui en se défaisant lie toute la sauce. Patience est ici le seul tour de main : qui presse le feu gâte la viande.
- •Bœuf de marmite (paleron, jumeau) — une bonne pièce (viande à mijoter)
- •Bière brune d'orge — de quoi couvrir (mouillement signature)
- •Oignons — plusieurs (base fondante)
- •Pain bis rassis — deux tranches (liant)
- •Moutarde — à étaler (relevé)
- •Vinaigre de vin — un filet (acidité)
- •Sirop de pommes ou cassonade — une cuillerée (aigre-doux)
- •Feuille de laurier, clou de girofle, poivre — selon le goût (épices)
- •Saindoux ou beurre — pour saisir (matière grasse)
Stoofvlees à la bière brune (carbonade flamande)
Des morceaux de bœuf longuement mijotés dans la bière brune avec des oignons fondus, liés au pain bis frotté de moutarde. L'aigre-doux du malt et du sirop répond à l'acidité d'un trait de vinaigre : un plat sombre, profond, réconfortant.
Pourquoi ce plat ? Né et formé à Anvers dans l'atelier de Rubens, Van Dyck a grandi au pays de la bière brune. Ce ragoût lent, qu'on laissait sur les braises pendant qu'on travaillait à la toile, est le plat du peuple et des ateliers flamands : nourrissant, peu coûteux, prêt à attendre l'artiste absorbé par son ouvrage.
Tenez, asseyez-vous donc près de l'âtre. Ce ragoût-là, je l'ai humé dès l'enfance, à Anvers, quand le maître Rubens nous laissait broyer les couleurs : il mijotait des heures durant pendant qu'on peignait. On y noie le bœuf dans la bonne bière brune du pays, on jette les oignons, puis l'on couche par-dessus une tranche de pain frottée de moutarde, qui en se défaisant lie toute la sauce. Patience est ici le seul tour de main : qui presse le feu gâte la viande.
Ingrédients (version d’époque)
- Bœuf de marmite (paleron, jumeau) — une bonne pièce (viande à mijoter)
- Bière brune d'orge — de quoi couvrir (mouillement signature)
- Oignons — plusieurs (base fondante)
- Pain bis rassis — deux tranches (liant)
- Moutarde — à étaler (relevé)
- Vinaigre de vin — un filet (acidité)
- Sirop de pommes ou cassonade — une cuillerée (aigre-doux)
- Feuille de laurier, clou de girofle, poivre — selon le goût (épices)
- Saindoux ou beurre — pour saisir (matière grasse)
Ingrédients
- Bœuf à braiser (paleron) — 1 kg (viande à mijoter)
- Bière brune (type abbaye/brune flamande) — 50 cl (mouillement signature)
- Oignons — 3 gros (base fondante)
- Pain de campagne rassis — 2 tranches (liant)
- Moutarde — 2 c. à soupe (relevé)
- Vinaigre de vin rouge — 1 c. à soupe (acidité)
- Cassonade ou sirop de Liège — 1 c. à soupe (aigre-doux)
- Laurier, 2 clous de girofle, poivre — au goût (épices)
- Beurre — 30 g (matière grasse)
- Sel — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Couper le bœuf en gros cubes, le saler et le saisir au beurre dans une cocotte jusqu'à belle coloration, puis réserver.
- Faire fondre doucement les oignons émincés dans la même cocotte jusqu'à ce qu'ils blondissent.
- Remettre la viande, verser la bière brune, ajouter laurier, girofle, poivre, vinaigre et cassonade.
- Tartiner les tranches de pain de moutarde et les déposer côté moutarde sur le dessus.
- Couvrir et laisser mijoter à tout petit feu 2 h 30 à 3 h : le pain se délite et lie la sauce.
- Rectifier l'aigre-doux et le sel, servir bien chaud avec du pain ou des pommes de terre vapeur (clin d'œil moderne).
Comment on faisait : Dans les Flandres du XVIIe siècle, on cuisait les viandes peu nobles très longuement dans la bière, plus sûre et meilleur marché que le vin. La liaison au pain (et non à la farine roussie) est ancienne : elle épaissit et adoucit la sauce. Le premier livre de cuisine imprimé en néerlandais témoigne déjà de ces mijotages à la bière.
Le twist contemporain : Dressez la stoverij en cocotte individuelle noire, surmontée d'une mouillette de pain d'épices grillée à la moutarde, façon « nature morte d'atelier ».
Sources : Een notabel boecxken van cokeryen (premier livre de cuisine imprimé en néerlandais, vers 1514) · Tradition culinaire flamande du stoofvlees / carbonade
Antoine van Dyck · Charactorium