La carte de Madame de Sévigné
Potage (premier service)

Potage de santé aux fines herbes

QuotidienReconstitution🧂 🍄facile30 min

Un bouillon de volaille clair, parfumé d'herbes du jardin et versé sur des tranches de pain rassis qui s'imbibent doucement. Le réconfort ordinaire des bonnes maisons, ni riche ni pauvre, qu'on disait « de santé » parce qu'on le croyait propre à entretenir le corps.

Potage (premier service)

Un bouillon de volaille clair, parfumé d'herbes du jardin et versé sur des tranches de pain rassis qui s'imbibent doucement. Le réconfort ordinaire des bonnes maisons, ni riche ni pauvre, qu'on disait « de santé » parce qu'on le croyait propre à entretenir le corps.

Voyez-vous, je n'ai jamais cru qu'il fallût se ruiner l'estomac pour bien vivre. Aux Rochers, quand la pluie de Bretagne me tient prisonnière, je me contente d'un bon potage de santé : un bouillon de chapon bien clair, du cerfeuil cueilli le matin, et de mon pain qu'on laisse mitonner jusqu'à ce qu'il fonde. Ma fille, je vous assure que cela vaut mieux pour la complexion que toutes les sauces des financiers, et l'on s'en lève l'esprit aussi net que le ventre léger.
Madame de Sévigné
Ingrédients
  • Bouillon de chapon ou de pouleune bonne marmite (base savoureuse)
  • Pain rassis (pain de ménage)plusieurs tranches (épaississant, socle)
  • Cerfeuil et oseilleune poignée (fraîcheur, parfum)
  • Beurre fraisune noix (liant, rondeur)
  • Selau goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Au XVIIe siècle, le potage est le pilier du repas : on dit même « mettre le pot au feu » pour dire faire à manger. Le pain rassis y servait d'épaississant naturel, bien avant la mode des veloutés liés à la farine. Le qualificatif « de santé » désignait les potages clairs aux herbes, par opposition aux potages gras et chargés des jours de fête.
Sources : La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651 · Nicolas de Bonnefons, Les Délices de la campagne, 1654