La carte de Adélaïde Labille-Guiard
Potage du premier service

Potage à la Reine

QuotidienDocumentée🧂 🍄moyen50 min

Un velouté pâle de blanc de volaille et d'amandes pilées, lié à la mie de pain et aux jaunes d'œufs. Une recette « de santé » que l'on trouve dans tous les livres de cuisine bourgeoise du siècle, servie tiède dans une assiette creuse.

Potage du premier service

Un velouté pâle de blanc de volaille et d'amandes pilées, lié à la mie de pain et aux jaunes d'œufs. Une recette « de santé » que l'on trouve dans tous les livres de cuisine bourgeoise du siècle, servie tiède dans une assiette creuse.

Voyez-vous, Monsieur, avant de reprendre mes pinceaux il me faut un mets qui restaure sans alourdir, car nul ne peut tenir le pastel d'une main sûre l'estomac chargé. Ce potage-là, mes amandes et mon blanc de poularde longuement pilés au mortier, je le veux blanc comme l'ivoire que je peins en miniature. On le dit potage des reines, et en vérité Mesdames à Versailles n'en méprisaient point de semblable. Une cuillerée tiède, point brûlante, et l'esprit demeure clair pour tout l'après-dînée.
Adélaïde Labille-Guiard
Ingrédients
  • Blanc de chapon ou de poularde cuitla chair d'une demi-volaille (base de la liaison)
  • Amandes douces mondéesdeux bonnes poignées (épaississant et parfum)
  • Mie de pain rassisune mie trempée de bouillon (liant)
  • Jaunes d'œufs fraistrois ou quatre (velouté final)
  • Bon bouillon de volaillece qu'il faut (mouillement)
  • Selà discrétion (assaisonnement)
Comment on faisait : On pilait longuement au mortier la chair de volaille et les amandes mondées, puis on passait le tout à l'étamine pour une texture parfaitement lisse. La légende attribue ce potage au goût de reines de France ; il figure dans « La Cuisinière bourgeoise » de Menon (1746) comme potage délicat et fortifiant.
Sources : Menon, La Cuisinière bourgeoise (1746) · Vincent La Chapelle, Le Cuisinier moderne (1735)

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