La carte de Marc Antoine
Boisson d'apparat de la gustatio (mulsum)

Conditum paradoxum (vin miellé épicé)

BoissonDocumentée🍯 🌶️facile25 min

Vin doux infusé de miel, de poivre et d'épices, chauffé puis rafraîchi. La boisson d'apparat qui ouvrait la cena romaine, telle qu'Apicius l'a consignée sous le nom de conditum paradoxum.

Boisson d'apparat de la gustatio (mulsum)

Vin doux infusé de miel, de poivre et d'épices, chauffé puis rafraîchi. La boisson d'apparat qui ouvrait la cena romaine, telle qu'Apicius l'a consignée sous le nom de conditum paradoxum.

Qu'on emplisse les coupes ! Octave murmure que je bois trop — qu'il vienne donc tendre la sienne. Ce conditum, on le prépare en mariant le miel au vin sur la flamme, avec du poivre et des épices d'Orient ; le secret, c'est de retirer du feu dès la première montée, sinon le miel se fâche. Je l'ai bu à Tarse le soir où Cléopâtre remonta le Cydnus sur sa galère dorée — jamais coupe ne me parut plus douce. Bois lentement, soldat : ce vin-là se savoure comme une victoire.
Marc Antoine
Ingrédients
  • Vinune amphore (selon la soif) (base)
  • Mielà proportion généreuse (douceur)
  • Poivrequelques grains moulus (épice)
  • Feuille de laurier (folium)une (aromate)
  • Safranquelques pistils (couleur et parfum)
  • Dattes grilléesquelques-unes (rondeur)
Comment on faisait : Apicius ouvre son livre par le conditum paradoxum, « vin épicé surprenant ». Le miel y était d'abord cuit à part, puis le vin et les épices ajoutés. Servi en début de repas, ce mulsum stimulait l'appétit. Les Romains coupaient presque toujours leur vin (d'eau, de miel ou d'épices) ; le boire pur passait pour barbare.
Sources : Apicius, De re coquinaria, I (Conditum paradoxum) · Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XIV