Conditum paradoxum (vin miellé épicé)
Vin doux infusé de miel, de poivre et d'épices, chauffé puis rafraîchi. La boisson d'apparat qui ouvrait la cena romaine, telle qu'Apicius l'a consignée sous le nom de conditum paradoxum.
Vin doux infusé de miel, de poivre et d'épices, chauffé puis rafraîchi. La boisson d'apparat qui ouvrait la cena romaine, telle qu'Apicius l'a consignée sous le nom de conditum paradoxum.
Qu'on emplisse les coupes ! Octave murmure que je bois trop — qu'il vienne donc tendre la sienne. Ce conditum, on le prépare en mariant le miel au vin sur la flamme, avec du poivre et des épices d'Orient ; le secret, c'est de retirer du feu dès la première montée, sinon le miel se fâche. Je l'ai bu à Tarse le soir où Cléopâtre remonta le Cydnus sur sa galère dorée — jamais coupe ne me parut plus douce. Bois lentement, soldat : ce vin-là se savoure comme une victoire.
- •Vin — une amphore (selon la soif) (base)
- •Miel — à proportion généreuse (douceur)
- •Poivre — quelques grains moulus (épice)
- •Feuille de laurier (folium) — une (aromate)
- •Safran — quelques pistils (couleur et parfum)
- •Dattes grillées — quelques-unes (rondeur)
Conditum paradoxum (vin miellé épicé)
Vin doux infusé de miel, de poivre et d'épices, chauffé puis rafraîchi. La boisson d'apparat qui ouvrait la cena romaine, telle qu'Apicius l'a consignée sous le nom de conditum paradoxum.
Pourquoi ce plat ? Antoine avait une réputation de bon vivant et d'amateur de vin — ses adversaires, dont Octave, en firent même un argument politique. Le conditum, vin miellé et épicé que l'on servait en ouverture du repas, accompagnait naturellement les banquets où il aimait à briller.
Qu'on emplisse les coupes ! Octave murmure que je bois trop — qu'il vienne donc tendre la sienne. Ce conditum, on le prépare en mariant le miel au vin sur la flamme, avec du poivre et des épices d'Orient ; le secret, c'est de retirer du feu dès la première montée, sinon le miel se fâche. Je l'ai bu à Tarse le soir où Cléopâtre remonta le Cydnus sur sa galère dorée — jamais coupe ne me parut plus douce. Bois lentement, soldat : ce vin-là se savoure comme une victoire.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin — une amphore (selon la soif) (base)
- Miel — à proportion généreuse (douceur)
- Poivre — quelques grains moulus (épice)
- Feuille de laurier (folium) — une (aromate)
- Safran — quelques pistils (couleur et parfum)
- Dattes grillées — quelques-unes (rondeur)
Ingrédients
- Vin rouge doux ou vin blanc moelleux — 1 bouteille (75 cl) (base)
- Miel — 150 g (douceur)
- Poivre noir en grains — 1/2 c. à café concassée (épice)
- Feuille de laurier — 1 (aromate)
- Safran — 1 pincée (couleur et parfum)
- Dattes — 3, légèrement grillées (rondeur)
Préparation
- Faire chauffer doucement le miel seul dans une casserole jusqu'à ce qu'il mousse, en surveillant pour qu'il ne déborde pas (retirer du feu si besoin, puis remettre).
- Une fois le miel cuit et stabilisé, verser un peu de vin pour le détendre.
- Ajouter le reste du vin, le poivre concassé, le laurier, le safran et les dattes grillées.
- Chauffer sans bouillir, laisser infuser 10 min à feu très doux.
- Filtrer pour retirer épices et dattes.
- Servir tiède, ou refroidi selon le goût (les Romains le buvaient souvent rafraîchi à la neige).
Comment on faisait : Apicius ouvre son livre par le conditum paradoxum, « vin épicé surprenant ». Le miel y était d'abord cuit à part, puis le vin et les épices ajoutés. Servi en début de repas, ce mulsum stimulait l'appétit. Les Romains coupaient presque toujours leur vin (d'eau, de miel ou d'épices) ; le boire pur passait pour barbare.
Le twist contemporain : Servir glacé dans une coupe givrée, façon « sangria antique » — un rappel de la neige des Alpes que les riches Romains faisaient venir pour rafraîchir leurs vins.
Sources : Apicius, De re coquinaria, I (Conditum paradoxum) · Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XIV
Marc Antoine · Charactorium