retournerRosół z kury — bouillon de poule reconstituant
Rosół z kury — bouillon de poule reconstituant
Pourquoi ce plat ? Étudiante à Paris dans une mansarde glacée, Maria s'évanouissait de faim, vivant de thé et de pain beurré, trop absorbée par ses études pour cuisiner. Sa sœur Bronia et son beau-frère, médecins, la rapatriaient chez eux pour la « remplumer » avec de vrais repas — et le rosół, le bouillon de poule clair des dimanches polonais, est précisément le plat-remède que toute famille servait aux convalescents et aux affamés.
Un bouillon de poule d'une limpidité dorée, longuement mijoté avec des racines, servi sur de fines nouilles. Le plat du dimanche et du réconfort, doux à l'estomac comme au cœur.
Je dois confesser une faiblesse : durant mes années d'étudiante à Paris, j'oubliais de me nourrir, et plus d'une fois je me suis trouvée mal sur ma chaise, à demi évanouie. Ma sœur Bronia, qui est médecin, ne plaisantait pas avec ces choses-là : elle me ramenait chez elle et me faisait avaler son rosół, ce bouillon clair de poule et de racines que l'on prépare chez nous dès qu'un être cher dépérit. Un bon rosół, disait-elle, vaut mieux que bien des ordonnances. Je crois qu'elle avait raison ; rien ne m'a jamais remise sur pied aussi sûrement que ce bol fumant et ces fines nouilles.
- •Poule à bouillir — une demi (base du bouillon)
- •Carottes — quelques-unes (douceur et couleur)
- •Racine de persil — 1 (parfum polonais caractéristique)
- •Céleri-rave — un morceau (fond aromatique)
- •Poireau — 1 (parfum)
- •Oignon — 1 (brûlé sur la plaque pour la couleur)
- •Grains de poivre, piment de la Jamaïque, laurier — quelques-uns (aromates)
- •Nouilles maison — selon les convives (garniture)
- •Persil frais — un bouquet (finition)
Rosół z kury — bouillon de poule reconstituant
Un bouillon de poule d'une limpidité dorée, longuement mijoté avec des racines, servi sur de fines nouilles. Le plat du dimanche et du réconfort, doux à l'estomac comme au cœur.
Pourquoi ce plat ? Étudiante à Paris dans une mansarde glacée, Maria s'évanouissait de faim, vivant de thé et de pain beurré, trop absorbée par ses études pour cuisiner. Sa sœur Bronia et son beau-frère, médecins, la rapatriaient chez eux pour la « remplumer » avec de vrais repas — et le rosół, le bouillon de poule clair des dimanches polonais, est précisément le plat-remède que toute famille servait aux convalescents et aux affamés.
Je dois confesser une faiblesse : durant mes années d'étudiante à Paris, j'oubliais de me nourrir, et plus d'une fois je me suis trouvée mal sur ma chaise, à demi évanouie. Ma sœur Bronia, qui est médecin, ne plaisantait pas avec ces choses-là : elle me ramenait chez elle et me faisait avaler son rosół, ce bouillon clair de poule et de racines que l'on prépare chez nous dès qu'un être cher dépérit. Un bon rosół, disait-elle, vaut mieux que bien des ordonnances. Je crois qu'elle avait raison ; rien ne m'a jamais remise sur pied aussi sûrement que ce bol fumant et ces fines nouilles.
Ingrédients (version d’époque)
- Poule à bouillir — une demi (base du bouillon)
- Carottes — quelques-unes (douceur et couleur)
- Racine de persil — 1 (parfum polonais caractéristique)
- Céleri-rave — un morceau (fond aromatique)
- Poireau — 1 (parfum)
- Oignon — 1 (brûlé sur la plaque pour la couleur)
- Grains de poivre, piment de la Jamaïque, laurier — quelques-uns (aromates)
- Nouilles maison — selon les convives (garniture)
- Persil frais — un bouquet (finition)
Ingrédients
- Cuisses et carcasse de poule (ou poule entière) — 1 kg (base du bouillon)
- Carottes — 3 (douceur)
- Racine de persil (ou panais) — 1 (parfum polonais)
- Céleri-rave — 1/4 (fond aromatique)
- Poireau — 1 blanc (parfum)
- Oignon — 1 (noirci à sec pour colorer le bouillon)
- Laurier + piment de la Jamaïque + poivre — 1 + 3 grains + 6 grains (aromates)
- Vermicelles ou fines nouilles aux œufs — 200 g (garniture)
- Persil plat ciselé — 2 c. à soupe (finition)
Préparation
- Couvrez la poule d'eau froide (env. 2,5 L), portez doucement à frémissement et écumez soigneusement la mousse grise.
- Coupez l'oignon en deux et noircissez-le face coupée à sec dans une poêle : c'est lui qui donne la couleur ambrée.
- Ajoutez toutes les racines, le poireau, l'oignon brûlé et les aromates. Salez modérément.
- Laissez frémir à tout petit bouillon, sans couvrir totalement, 2 h à 2 h 30 — il ne doit jamais bouillir fort, sinon il se trouble.
- Filtrez. Faites cuire les nouilles séparément, répartissez-les dans les bols et versez le bouillon brûlant par-dessus.
- Parsemez de persil frais. Servez avec quelques rondelles de carotte du bouillon.
Comment on faisait : Le rosół du dimanche se commençait souvent le samedi soir, mijotant des heures au coin du fourneau à charbon. Les nouilles étaient roulées et coupées à la main par les enfants de la maison. On ne jetait rien : la poule du bouillon devenait le plat principal, et les racines, écrasées, accompagnaient le second service.
Le twist contemporain : Servez le rosół en consommé d'apéritif dans une tasse à thé, avec quelques nouilles et un fil d'huile de persil — un clin d'œil au thé qui fut, hélas, le seul repas de bien des soirs d'étudiante de Maria.
Sources : Lucyna Ćwierczakiewiczowa, 365 obiadów, Varsovie, 1860 · Ève Curie, Madame Curie, Gallimard, 1937 (épisodes de malnutrition et de sous-alimentation à Paris)
Marie Curie · Charactorium





