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L'absinthe de l'heure verte
Pourquoi ce plat ? Verlaine est le poète de l'absinthe par excellence : il la buvait dans les cafés de la rive gauche et de Soho, elle accompagne sa déchéance autant que sa légende. Son verre d'absinthe figure d'ailleurs parmi ses objets typiques.
Le rituel du verre d'absinthe : une mesure de liqueur verte, une cuillère perforée, un sucre, et l'eau glacée versée goutte à goutte qui fait blanchir et opaliser le breuvage (le fameux « louche »). Amer, anisé, hypnotique.
Ah, l'heure verte ! Approche, et regarde bien. Je pose le sucre sur la cuillère plate, je laisse choir l'eau de la fontaine goutte à goutte, et voilà que la liqueur se trouble et pâlit comme un ciel d'automne sur les toits. Je l'ai trop aimée, cette fée, elle m'a brûlé le sang et noirci les jours — mais nul sirop bourgeois ne saura jamais chanter à mon oreille cette musique amère. Bois lentement, mon ami, car c'est tout un poème qui descend dans le verre.
- •Absinthe (liqueur d'armoise, anis, fenouil) — une mesure (base aromatique et amère)
- •Sucre en morceau — un morceau (adoucit l'amertume)
- •Eau de source très fraîche — à volonté (dilution et opalescence)
L'absinthe de l'heure verte
Le rituel du verre d'absinthe : une mesure de liqueur verte, une cuillère perforée, un sucre, et l'eau glacée versée goutte à goutte qui fait blanchir et opaliser le breuvage (le fameux « louche »). Amer, anisé, hypnotique.
Pourquoi ce plat ? Verlaine est le poète de l'absinthe par excellence : il la buvait dans les cafés de la rive gauche et de Soho, elle accompagne sa déchéance autant que sa légende. Son verre d'absinthe figure d'ailleurs parmi ses objets typiques.
Ah, l'heure verte ! Approche, et regarde bien. Je pose le sucre sur la cuillère plate, je laisse choir l'eau de la fontaine goutte à goutte, et voilà que la liqueur se trouble et pâlit comme un ciel d'automne sur les toits. Je l'ai trop aimée, cette fée, elle m'a brûlé le sang et noirci les jours — mais nul sirop bourgeois ne saura jamais chanter à mon oreille cette musique amère. Bois lentement, mon ami, car c'est tout un poème qui descend dans le verre.
Ingrédients (version d’époque)
- Absinthe (liqueur d'armoise, anis, fenouil) — une mesure (base aromatique et amère)
- Sucre en morceau — un morceau (adoucit l'amertume)
- Eau de source très fraîche — à volonté (dilution et opalescence)
Ingrédients
- Pastis ou boisson anisée sans alcool (version familiale) — 3 cl (base anisée, alternative non alcoolisée pour le contexte scolaire)
- Sucre de canne — 1 morceau (adoucissant)
- Eau glacée — 12 à 15 cl (dilution, effet trouble)
- Glaçons — 2-3 (fraîcheur)
Préparation
- Poser la boisson anisée au fond d'un verre droit.
- Caler une cuillère perforée (ou une petite passoire) en travers du verre et y déposer le sucre.
- Verser l'eau glacée très lentement sur le sucre, goutte à goutte, pour le faire fondre dans le verre.
- Observer le breuvage qui se trouble et devient laiteux (le « louche »), puis ajouter quelques glaçons.
- Pour un cadre familial/scolaire : illustrer le rituel avec une boisson sans alcool, l'intérêt étant le geste et l'opalescence.
Comment on faisait : Au XIXe siècle, l'absinthe se servait avec une fontaine à robinets qui dosait l'eau glacée, et une cuillère perforée spécifique posée sur le verre. Si bon marché qu'elle devint la boisson des ouvriers comme des poètes, elle fut accusée de tous les maux et finalement interdite en France en 1915.
Le twist contemporain : En verrine, sans alcool, avec un trait de sirop d'anis et un nuage d'eau pétillante : « le louche du poète » à présenter aux grands curieux d'histoire.
Paul Verlaine · Charactorium





