La carte de Raphaël
Torta d'erbe — tourte aux herbes des Marches
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Servizio di credenza (mets de buffet, servi tiède ou froid)

Torta d'erbe — tourte aux herbes des Marches

QuotidienReconstitution🧂 🍄facile1 h
Servizio di credenza (mets de buffet, servi tiède ou froid)

Torta d'erbe — tourte aux herbes des Marches

Pourquoi ce plat ? Raphaël est né à Urbino, dans les collines des Marches, fils d'un peintre de cour. Ces tourtes vertes — bettes, fromage, œufs — étaient le pain quotidien aisé de l'Italie centrale, de l'Ombrie où il apprit chez le Pérugin jusqu'à son atelier romain. Un mets qu'un homme de métier mange sans façon entre deux séances de carton.

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Servizio di credenza (mets de buffet, servi tiède ou froid)

Une tourte à la croûte fine garnie de bettes et d'herbes hachées, liées d'œufs et de fromage frais, relevée d'une pointe de safran et adoucie de raisins secs. On la dore au four et on la mange tiède, en quartiers.

Laissez-moi vous dire : avant de broyer mes terres et mes laques, je rompais volontiers une part de cette tourte verte, telle qu'on la pétrissait au pays d'Urbino. On hache menu les bettes du jardin avec un peu de fromage frais, on lie de quelques œufs, et l'on jette une pincée de safran pour que la pâte se dore comme un fond de Madone. Croyez-moi, rien ne tient mieux la main ferme qu'un ventre content et léger ; je la prenais tiède, avec du pain blanc et un doigt de vin coupé d'eau.
Raphaël
Ingrédients
  • Bettes et herbes du jardin (épinard, persil, bourrache)une grosse brassée (garniture verte)
  • Fromage frais et fromage sec râpédeux poignées (liant, umami)
  • Œufsquelques-uns (liaison)
  • Raisins secsune poignée (note sucrée)
  • Safranquelques filaments (couleur, parfum)
  • Pâte de farine, eau, saindoux ou huilede quoi foncer un moule (croûte)
Comment on faisait : Les torte d'erbe parcourent toute la cuisine italienne médiévale et renaissante : Maestro Martino et Platina en donnent quantité de variantes. La pointe de sucre (raisins, parfois sucre) dans une préparation salée est typique du goût d'époque, où l'on ne séparait pas nettement le doux du salé.
Sources : Maestro Martino, Libro de arte coquinaria, v. 1465 · Bartolomeo Platina, De honesta voluptate et valetudine, 1474

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