La carte de Rûdakî
Polo-ye Bokhârâ (pilâv aux fruits secs de Boukhara)
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Polo (riz de cour)

Polo-ye Bokhârâ (pilâv aux fruits secs de Boukhara)

QuotidienReconstitution🧂 🍯moyen1 h 30
Polo (riz de cour)

Polo-ye Bokhârâ (pilâv aux fruits secs de Boukhara)

Pourquoi ce plat ? Le pilâv parfumé aux fruits secs est le plat quotidien de la cour samanide de Boukhara où Rûdakî vécut et composa l'essentiel de son œuvre. Le riz, denrée prestigieuse en Transoxiane, était agrémenté d'amandes, d'abricots secs et de raisins — les fruits mêmes que le poète chantait dans ses vers bucoliques évoquant les vergers de Samarcande.

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Polo (riz de cour)

Un riz long parfumé au safran, garni de lamelles d'agneau tendre et d'une profusion de fruits secs caramélisés — abricots, raisins et amandes. Un plat qui réunit la douceur des vergers d'Asie centrale et la richesse de la table princière.

Approche, ami, et respire ce safran qui dore le riz comme le soleil dore les coupoles de Boukhara. À la table de l'émir Nasr, nul repas ne commence sans ce polo : les serviteurs disposent le riz en montagne sur le plat de cuivre, puis y nichent les abricots de Samarcande, dorés au beurre clarifié, et les amandes de Fergana. J'ai chanté cent fois que le parfum du polo surpasse celui du musc — et ma parole n'était point parure, mais vérité. Le secret, vois-tu, c'est de cuire le riz à la vapeur dans son propre souffle, à couvert, jusqu'à ce que chaque grain se dresse seul comme un vers bien ciselé.
Rûdakî
Ingrédients
  • Riz long de Transoxianeune grande mesure (Base du polo)
  • Épaule d'agneauun bon morceau, détaillé en lamelles (Garniture carnée)
  • Abricots secsune poignée généreuse (Douceur fruitée)
  • Raisins secsune poignée (Douceur complémentaire)
  • Amandes mondéesune poignée (Croquant)
  • Safranune pincée infusée dans de l'eau chaude (Couleur et parfum)
  • Beurre clarifié (roghan)un bon morceau (Cuisson et onctuosité)
  • Oignonun, émincé (Fond aromatique)
  • Selà volonté (Assaisonnement)
  • Cannelle et cuminune pincée de chaque (Épices chaudes)
Comment on faisait : Le pilâv est attesté dans les sources culinaires persanes médiévales et dans les descriptions des banquets samanides. Le Kitab al-Tabikh d'al-Warraq (Xe siècle) mentionne plusieurs recettes de riz aux fruits secs et à la viande. La technique du dami (cuisson vapeur à l'étouffée) est caractéristique de la cuisine persane et permettait d'obtenir un riz aux grains détachés et parfumés.
Sources : Nawal Nasrallah, Annals of the Caliph's Kitchens: Ibn Sayyār al-Warrāq's Tenth-Century Baghdadi Cookbook (Brill, 2007) · Charles Perry, A Baghdad Cookery Book (Prospect Books, 2005)

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