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Charlotte russe à la crème
Pourquoi ce plat ? L'entremets sucré clôt les dîners de réception de la bourgeoisie républicaine. La charlotte « à la russe », montée de biscuits et de crème, est le triomphe du sucre de canne — ce sucre dont Schœlcher, secrétaire de la Commission d'abolition en 1848, connaît mieux que quiconque le coût humain. La servir, c'est célébrer la douceur enfin séparée de la servitude.
Un moule chemisé de biscuits à la cuiller, garni d'une crème bavaroise vanillée prise au froid. On démoule un dôme tremblant et parfumé, servi au dessert d'un dîner de fête.
Quand je reçois quelques amis de bonne cause, c'est par cette charlotte que l'on finit le dîner. On tapisse le moule de ces petits biscuits longs, puis on le comble d'une crème prise au froid, parfumée à la vanille et sucrée — ah, ce sucre ! Songez, en y goûtant, à ces mains qui l'ont arraché à la terre des îles. J'ai voulu qu'un jour cette douceur ne pèse plus d'aucune chaîne ; goûtez-la donc en hommes libres.
- •Biscuits à la cuiller — de quoi tapisser le moule (structure)
- •Lait — une pinte (base de la crème)
- •Jaunes d'œufs — une demi-douzaine (liaison)
- •Sucre de canne — généreusement (douceur (signature))
- •Gousse de vanille — une (parfum)
- •Colle de poisson (gélatine) — quelques feuilles (prise)
- •Crème fouettée — à discrétion (légèreté)
Charlotte russe à la crème
Un moule chemisé de biscuits à la cuiller, garni d'une crème bavaroise vanillée prise au froid. On démoule un dôme tremblant et parfumé, servi au dessert d'un dîner de fête.
Pourquoi ce plat ? L'entremets sucré clôt les dîners de réception de la bourgeoisie républicaine. La charlotte « à la russe », montée de biscuits et de crème, est le triomphe du sucre de canne — ce sucre dont Schœlcher, secrétaire de la Commission d'abolition en 1848, connaît mieux que quiconque le coût humain. La servir, c'est célébrer la douceur enfin séparée de la servitude.
Quand je reçois quelques amis de bonne cause, c'est par cette charlotte que l'on finit le dîner. On tapisse le moule de ces petits biscuits longs, puis on le comble d'une crème prise au froid, parfumée à la vanille et sucrée — ah, ce sucre ! Songez, en y goûtant, à ces mains qui l'ont arraché à la terre des îles. J'ai voulu qu'un jour cette douceur ne pèse plus d'aucune chaîne ; goûtez-la donc en hommes libres.
Ingrédients (version d’époque)
- Biscuits à la cuiller — de quoi tapisser le moule (structure)
- Lait — une pinte (base de la crème)
- Jaunes d'œufs — une demi-douzaine (liaison)
- Sucre de canne — généreusement (douceur (signature))
- Gousse de vanille — une (parfum)
- Colle de poisson (gélatine) — quelques feuilles (prise)
- Crème fouettée — à discrétion (légèreté)
Ingrédients
- Biscuits à la cuiller — 24 à 30 (structure)
- Lait entier — 50 cl (base de la crème)
- Jaunes d'œufs — 5 (liaison)
- Sucre de canne — 120 g (douceur (signature))
- Gousse de vanille — 1 (parfum)
- Gélatine — 4 feuilles (8 g) (prise)
- Crème liquide entière froide — 25 cl (montée en chantilly)
Préparation
- Trempez la gélatine dans l'eau froide. Chemisez un moule à charlotte avec les biscuits, côté bombé contre la paroi.
- Faites une crème anglaise : fouettez jaunes et sucre, versez le lait chaud vanillé, cuisez à la nappe sans bouillir (82 °C).
- Hors du feu, incorporez la gélatine essorée. Laissez tiédir jusqu'à ce que la crème commence à épaissir.
- Montez la crème froide en chantilly souple et incorporez-la délicatement à la crème refroidie.
- Versez dans le moule, lissez, réfrigérez au moins 4 heures. Démoulez sur un plat et servez bien frais.
Comment on faisait : La charlotte russe est attribuée au célèbre Antonin Carême au début du XIXe siècle, qui la baptisa ainsi en hommage au tsar. Sans réfrigérateur, on la prenait dans une glacière garnie de glace pilée descendue des montagnes ou conservée l'hiver — un luxe de table bourgeoise.
Le twist contemporain : Glissez entre les biscuits un trait de rhum vieux des Antilles et nommez-la « Charlotte du 27 avril », date du décret d'abolition de 1848.
Sources : Marie-Antoine Carême, Le Pâtissier royal parisien, 1815 · Jules Gouffé, Le Livre de cuisine, 1867
Victor Schoelcher · Charactorium





