La carte de Victor Schoelcher
Provision de garde-manger (salaison)

Morue à la mode de Terre-Neuve, en conserve de sel

ConservationDocumentée🧂 🍄moyen1 h (+ 24 h de dessalage)

Du poisson conservé des mois entiers grâce au sel, puis dessalé et cuit doucement avec oignons, ail et huile. Une provision de garde-manger qui traversait océans et hivers.

Provision de garde-manger (salaison)

Du poisson conservé des mois entiers grâce au sel, puis dessalé et cuit doucement avec oignons, ail et huile. Une provision de garde-manger qui traversait océans et hivers.

Voyez ce poisson raidi de sel : il a fait des mois en barrique, traversé l'Océan sans se gâter — voilà la science des anciens, conserver par le sel ce que le froid ne tient pas. On en garnissait le garde-manger du pauvre comme la ration de l'esclave. Faites-le tremper longuement, changez l'eau, puis cuisez-le tout doucement à l'huile avec de l'oignon : ce qui fut nourriture de misère, vous le ferez digne d'une table d'homme libre.
Victor Schoelcher
Ingrédients
  • Morue fraîche (ou filets fermes)selon la pêche (à saler)
  • Gros sel marinen abondance (conservation)
  • Oignonsplusieurs (cuisson)
  • Ailquelques gousses (parfum)
  • Huile d'olivegénéreusement (cuisson)
  • Laurier, poivreà discrétion (parfum)
Comment on faisait : Pour conserver la morue, les pêcheurs de Terre-Neuve la vidaient, l'ouvraient en deux et l'empilaient en couches alternées de gros sel pendant des semaines, jusqu'à la rendre dure comme du bois. Ainsi salée, elle se gardait des mois sans glace ni fraîcheur — d'où son rôle de monnaie alimentaire du commerce atlantique, y compris dans la traite coloniale.
Sources : Jean-François Brière, La Pêche française en Amérique du Nord au XVIIIe siècle, 1990 · Urbain Dubois & Émile Bernard, La Cuisine classique, 1856