Imaginary interview

Imaginary interview with Ay

by Charactorium · Ay (1400 av. J.-C. — 1400 av. J.-C.) · Politics · Military · Spirituality · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ay
Wikimedia Commons, Public domain — François Gabriel Guillaume Lépaulle

On rencontre Aÿ dans les douze heures de la nuit qu'il traverse pour l'éternité, entre les portes peintes de l'Amdouat sur les parois de sa tombe WV23 — son ka, dit la tradition, y navigue sans fin vers l'aube promise. C'est là, dans la pénombre où veillent les dieux du monde souterrain, loin du tumulte de Thèbes, qu'il consent enfin à répondre.

Racontez-nous ce jour où vous avez accompli le rite de l'Ouverture de la Bouche pour Toutânkhamon.

Je me souviens de la peau de léopard du prêtre-sem posée sur mes épaules, du silence de la salle funéraire où l'on avait dressé sa momie debout, comme s'il allait encore parler. J'ai porté l'instrument à ses lèvres peintes, à ses yeux, pour que le souffle et la vue lui reviennent dans l'autre monde. Ce geste, normalement, appartient au fils du roi — moi je n'étais que son serviteur, son Père Divin. Mais personne, dans cette salle, n'a osé m'arrêter. J'ai senti, en cet instant, que la Maât elle-même acceptait ce que ma main accomplissait, et que Toutânkhamon, par ce rite, me désignait sans un mot.

J'ai senti que la Maât elle-même acceptait ce que ma main accomplissait.

Ce rite revenait normalement au fils du roi. Comment avez-vous justifié de l'accomplir à sa place ?

Toutânkhamon n'avait pas de fils, pas de frère pour l'ensevelir selon les formes. J'avais porté, des années durant à la cour d'Akhenaton, le titre d'it-netjer, Père Divin — un rang qui me plaçait plus près du trône que la naissance ne l'aurait permis. Certains murmuraient que j'étais le beau-père de la lignée, peut-être même le père de Néfertiti ; je n'ai jamais dissipé ce murmure, car il me servait autant qu'il m'obligeait. Devant la momie dressée, ce n'est pas le sang qui a parlé mais la fonction : quelqu'un devait ouvrir la bouche du roi mort pour que l'Égypte continue de respirer, et j'étais celui que les dieux avaient placé là.

Peu après, vous épousez Ânkhesenamon, la veuve du jeune roi. Que représentait cette union pour vous ?

Ânkhesenamon portait dans son sang celui d'Akhenaton, et par elle passait une légitimité que ni mes titres ni mes années de service ne pouvaient m'offrir seuls. Nous avons scellé cette union comme on scelle un vase canope — pour préserver quelque chose au-delà de la mort d'un règne. On a gravé nos deux cartouches sur un même anneau d'or, jumelés, comme si le geste suffisait à faire taire les doutes sur le trône. Je ne prétendrai pas que c'était un mariage de cœur : c'était un mariage de Deux Terres, de couronnes blanche et rouge, un pacte entre une reine orpheline de mari et un vieux serviteur devenu pharaon.

Nous avons scellé cette union comme on scelle un vase canope.

On raconte qu'Ânkhesenamon écrivit au roi hittite Suppiluliuma pour demander un époux étranger. Qu'en savez-vous ?

Elle a écrit, oui — je n'ai pas empêché la lettre de partir, quoi qu'on ait pu chuchoter ensuite dans les couloirs de Thèbes. Elle disait au roi du pays des Hittites : « Mon mari est mort et je n'ai pas de fils. Envoie-moi l'un de tes fils et il deviendra mon mari. » Un prince, Zannanza, s'est mis en route vers l'Égypte. Il n'est jamais arrivé. Les frontières de mon pays sont gardées par des hommes qui n'aiment guère voir un étranger s'asseoir sur le trône d'Horus, et je ne verserai pas de larmes sur ce qui s'est passé aux confins du désert. Une reine sans fils est un royaume ouvert à tous les vents ; j'ai refermé cette porte.

Vous avez connu Amarna avant Thèbes. Que représentait Aton pour vous en ces années-là ?

J'avais ma propre tombe de cour creusée dans les falaises d'Amarna, et sur ses parois on a gravé pour moi le plus long des hymnes composés en l'honneur du disque solaire : Que tu es beau, Aton vivant, toi qui es apparu à l'horizon du ciel ! Je l'ai entendu chanter mille fois dans les cours du grand temple, sous le soleil qui ne projetait plus d'ombres derrière les piliers d'Amon, puisqu'Amon n'avait plus de temple ouvert. J'étais alors it-netjer, proche de la famille du roi, et je servais son dieu unique avec la ferveur qu'on doit à celui qui vous nourrit. Je ne renie rien de ces années-là ; elles m'ont appris ce que coûte un dieu qui exige d'être seul.

Comment expliquez-vous votre rôle dans le retour aux dieux traditionnels ?

Quand j'ai vu les temples fermés, les prêtres d'Amon dispersés, les statues sans offrandes, j'ai compris que la Maât vacillait — l'ordre du monde ne supporte pas si longtemps qu'on renverse ce qui a été bâti par les pères. J'ai conseillé au jeune Toutânkhamon ce que je croyais juste : rouvrir les sanctuaires, refondre les statues, rappeler les milliers de hem-netjer à leur service. La stèle qu'on a gravée à Karnak pour proclamer cette restauration porte, je crois, un peu de ma main dans sa pensée sinon dans sa pierre. Ramener les dieux chez eux, ce n'était pas trahir Aton que j'avais servi, c'était simplement rendre à l'Égypte le souffle qu'elle avait retenu trop longtemps.

Pourquoi avoir fait ériger une salle à colonnes à Karnak durant votre propre règne ?

Mon règne fut court, je le savais déjà en y montant. Une salle hypostyle ne se bâtit pas en un jour, mais on peut en poser les colonnes et la promesse. J'ai voulu que la pierre de Karnak dise, longtemps après mon dernier souffle, qu'un roi nommé Aÿ avait honoré Amon comme les grands bâtisseurs avant lui. Ce n'était pas seulement de la piété : un homme monté au trône sans le sang des rois a besoin que les dieux et les temples attestent pour lui ce que sa naissance ne peut prouver. Chaque colonne dressée était une phrase que je n'avais pas le temps de prononcer moi-même.

On dit qu'Horemheb effaça votre nom des monuments après votre mort. Comment vivez-vous cela, depuis l'éternité ?

Dans ma propre tombe, sur les parois où j'avais fait peindre le voyage de l'Amdouat, on a martelé mes cartouches et gravé les siens à leur place. J'ai su cela comme on sait les choses ici, dans la nuit que je traverse sans fin — par le silence qui a suivi, plus que par des mots. Horemheb voulait qu'on croie que la lignée était passée directement du dernier grand roi à lui, sans les années troublées d'Amarna, sans Toutânkhamon, sans moi. Effacer un nom, en Égypte, c'est vouloir tuer une seconde fois ce que la tombe avait déjà promis de faire vivre toujours. Je n'ai pas de colère à offrir à cela ; j'ai seulement l'étonnement d'un homme qui pensait ses colonnes plus solides que la mémoire des vivants.

Effacer un nom, en Égypte, c'est vouloir tuer une seconde fois ce que la tombe avait promis de faire vivre toujours.

Que ressentez-vous en sachant que votre bref règne fut attribué, dans les listes royales, à votre successeur ?

On m'a rapporté qu'Horemheb s'est approprié mes années de trône, celles de Toutânkhamon, celles de Smenkhkarê avant lui, comme on rassemble des grains épars dans un seul sac pour que le compte semble net. Les scribes qui dressent les listes des rois n'aiment pas les époques qui bégaient ; ils préfèrent une ligne droite d'un grand nom à l'autre. Je comprends ce calcul sans l'approuver : un royaume qui vient de traverser la tourmente d'Aton veut qu'on oublie vite qu'il a chancelé. Mais un roi qui a présidé aux funérailles d'un autre roi, qui a rouvert les temples de sa propre main, ne s'efface pas seulement parce qu'un scribe a changé quelques signes sur une liste.

Votre tombe WV23, dans la Vallée des Rois Ouest, est ornée de scènes de chasse uniques. Que signifiaient-elles pour vous ?

J'ai voulu qu'on peigne, sur les parois de WV23, une chasse au marais parmi les roseaux et les oiseaux qui s'envolent — une scène que peu de rois avant moi avaient choisie pour leur dernière demeure. C'était ma façon de dire que j'avais vécu, chassé, respiré l'air du Nil avant d'être seulement un nom dans une liste de pharaons. À côté, les douze heures de l'Amdouat couvrent les murs pour guider mon passage à travers la nuit, heure après heure, jusqu'à la renaissance du soleil. Des vases canopes en albâtre, préparés bien avant ma mort, attendaient déjà d'accueillir ce que le corps abandonne pour que l'éternité commence.

Certains disent que vous vous seriez approprié la tombe destinée à Toutânkhamon. Qu'avez-vous à répondre ?

Toutânkhamon est mort trop jeune, trop vite, sans que sa propre demeure d'éternité fût achevée. Il fallait un tombeau prêt, et celui qu'on lui a donné dans la Vallée des Rois était plus modeste que ce qu'exige un dieu vivant redevenu Osiris. Je ne dirai pas ce que chacun pense de cet échange de demeures ; je dirai seulement que j'avais, moi, fait préparer de longue date une tombe à ma mesure, à l'ouest de la vallée, et que je m'y suis couché quand mon heure est venue. Un roi qui organise les funérailles d'un autre roi sait mieux que personne combien la pierre manque toujours de temps pour suivre la mort.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ay's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.