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Tarte à la patate douce du dimanche
Pourquoi ce plat ? Randolph fut un orateur d'une dignité presque biblique, surnommé par certains le 'saint Paul du mouvement'. Dans la culture noire du Sud, la tarte à la patate douce couronne le repas du dimanche après l'office et les grandes réunions — exactement le genre de table communautaire d'où sont nées les marches et mobilisations qu'il a conduites jusqu'à la Marche sur Washington de 1963.
Une tarte onctueuse à la patate douce, parfumée de cannelle et de muscade, plus légère et plus épicée que la tarte au potiron. Le dessert de fête par excellence des tables afro-américaines.
Voici le dessert que l'on réservait au jour du Seigneur, lorsque la communauté entière se rassemblait après l'office. On faisait cuire les patates douces sous la cendre jusqu'à ce qu'elles deviennent sucre, on les écrasait avec un peu de beurre, de muscade et de cannelle, et l'on confiait la tarte au four pendant que les voix montaient encore des cantiques. Ne la confondez jamais avec la tarte au potiron des autres tables : la nôtre est plus fine, plus parfumée, et porte en elle toute la chaleur d'un peuple réuni. C'est à ces tables-là, croyez-moi, que se sont forgées bien des résolutions communes.
- •Patates douces — quelques-unes (base sucrée)
- •Beurre — une bonne noix (rondeur)
- •Sucre (ou mélasse) — à l'estime (douceur)
- •Œufs — deux (liant)
- •Lait — un verre (onctuosité)
- •Cannelle, muscade — une pincée de chaque (parfum)
- •Pâte brisée — un fond (support)
Tarte à la patate douce du dimanche
Une tarte onctueuse à la patate douce, parfumée de cannelle et de muscade, plus légère et plus épicée que la tarte au potiron. Le dessert de fête par excellence des tables afro-américaines.
Pourquoi ce plat ? Randolph fut un orateur d'une dignité presque biblique, surnommé par certains le 'saint Paul du mouvement'. Dans la culture noire du Sud, la tarte à la patate douce couronne le repas du dimanche après l'office et les grandes réunions — exactement le genre de table communautaire d'où sont nées les marches et mobilisations qu'il a conduites jusqu'à la Marche sur Washington de 1963.
Voici le dessert que l'on réservait au jour du Seigneur, lorsque la communauté entière se rassemblait après l'office. On faisait cuire les patates douces sous la cendre jusqu'à ce qu'elles deviennent sucre, on les écrasait avec un peu de beurre, de muscade et de cannelle, et l'on confiait la tarte au four pendant que les voix montaient encore des cantiques. Ne la confondez jamais avec la tarte au potiron des autres tables : la nôtre est plus fine, plus parfumée, et porte en elle toute la chaleur d'un peuple réuni. C'est à ces tables-là, croyez-moi, que se sont forgées bien des résolutions communes.
Ingrédients (version d’époque)
- Patates douces — quelques-unes (base sucrée)
- Beurre — une bonne noix (rondeur)
- Sucre (ou mélasse) — à l'estime (douceur)
- Œufs — deux (liant)
- Lait — un verre (onctuosité)
- Cannelle, muscade — une pincée de chaque (parfum)
- Pâte brisée — un fond (support)
Ingrédients
- Patates douces — 600 g (poids cru) (base sucrée)
- Beurre fondu — 60 g (rondeur)
- Sucre roux — 150 g (douceur)
- Œufs — 2 (liant)
- Lait évaporé (ou lait entier) — 180 ml (onctuosité)
- Cannelle + muscade + une pincée de sel — 1 c. à café + ½ c. à café (parfum)
- Pâte brisée — 1 fond de tarte (support)
Préparation
- Cuire les patates douces au four (ou à l'eau) jusqu'à ce qu'elles soient très tendres, puis les éplucher et les écraser en purée lisse.
- Fouetter la purée tiède avec le beurre fondu et le sucre.
- Incorporer les œufs un à un, puis le lait, la cannelle, la muscade et le sel.
- Foncer un moule avec la pâte brisée et y verser l'appareil.
- Cuire 50 à 55 min à 175 °C : le centre doit être pris mais encore légèrement tremblotant.
- Laisser refroidir complètement avant de servir, idéalement à température ambiante.
Comment on faisait : La patate douce, cultivée dans tout le Sud, a remplacé l'igname africaine que les ancêtres réduits en esclavage ne pouvaient trouver. La tarte se cuisait au four communautaire le dimanche ; sa garniture épicée à la cannelle et à la muscade la distingue nettement de la pumpkin pie d'origine anglaise.
Le twist contemporain : Une fine chantilly non sucrée à la vanille et quelques pacanes torréfiées concassées sur le dessus, en hommage aux noix du Sud.
Sources : Adrian Miller, Soul Food: The Surprising Story of an American Cuisine (2013) · Toni Tipton-Martin, The Jemima Code: Two Centuries of African American Cookbooks (2015)
A. Philip Randolph · Charactorium





