La carte de Adam Mickiewicz
Zupa (soupe-socle qui ouvre l'obiad)

Żur — soupe aigre au levain de seigle

QuotidienDocumentée🫙 🍋moyen40 min (+ 4-5 jours de levain)

Une soupe d'un blanc trouble, à l'acidité franche et réconfortante, montée à partir d'un levain de farine de seigle qu'on laisse aigrir plusieurs jours. On l'enrichit de marjolaine, d'ail et, les bons jours, d'un morceau de lard ou d'un œuf.

Zupa (soupe-socle qui ouvre l'obiad)

Une soupe d'un blanc trouble, à l'acidité franche et réconfortante, montée à partir d'un levain de farine de seigle qu'on laisse aigrir plusieurs jours. On l'enrichit de marjolaine, d'ail et, les bons jours, d'un morceau de lard ou d'un œuf.

Litwo, ma patrie, c'est de toi que me vient le goût de cette soupe ! Vois ce pot de seigle que ma mère entretenait près de l'âtre comme on garde une braise sacrée : on y verse l'eau, la farine, et l'on attend que le temps fasse son œuvre aigre. Crois-moi, l'exilé qui n'a plus rien retrouve dans ce bol blanc l'odeur entière de son village ; j'y trempais le pain noir et je fermais les yeux, et Nowogródek tout entier revenait à ma table parisienne.
Adam Mickiewicz
Ingrédients
  • Farine de seigleune bonne poignée (base du levain aigre (zakwas))
  • Eau de source tièdeselon (fermentation)
  • Ailquelques gousses (aromate)
  • Marjolaine séchéeune pincée (herbe signature)
  • Lard fuméun morceau (gras et fumé)
  • Pain noir de seigleà volonté (accompagnement)
Comment on faisait : Le żur est l'une des plus vieilles soupes d'Europe centrale : avant la pomme de terre et le café, c'était le petit-déjeuner du paysan. Chaque maison gardait son zakwas vivant ; on ne l'achetait pas, on le transmettait. L'acidité du seigle fermenté servait aussi à conserver et à « réveiller » des aliments fades durant les longs hivers.
Sources : Maria Dembińska, Food and Drink in Medieval Poland (University of Pennsylvania Press, 1999) · Lucyna Ćwierczakiewiczowa, 365 obiadów (1860)

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