La carte de Alexandre Borodine
Chtchi au chou aigre (soupe du quotidien)
retourner
Pervoïe — le premier plat, la soupe chaude qui ouvre le vrai repas

Chtchi au chou aigre (soupe du quotidien)

QuotidienDocumentée🍋 🍄 🧂facile2 h 30
Pervoïe — le premier plat, la soupe chaude qui ouvre le vrai repas

Chtchi au chou aigre (soupe du quotidien)

Pourquoi ce plat ? Le chtchi est LA soupe nationale russe, mangée chaque jour à toutes les tables, de l'isba paysanne à l'appartement du professeur. Dans l'ancrage de Borodine, le chtchi figure explicitement parmi ses plats : c'est l'odeur de chou aigre qui flottait dans son logement de l'Académie médico-chirurgicale où il vivait au milieu de ses cornues et de ses invités.

cliquer pour retourner
Pervoïe — le premier plat, la soupe chaude qui ouvre le vrai repas

Une soupe profonde et réconfortante de chou lacto-fermenté mijoté longuement, légèrement aigre, liée d'une cuillère de crème aigre. Le plat du tous-les-jours russe par excellence, simple et nourrissant.

Tenez, asseyez-vous, ne faites pas de façons ! Chez moi on mange comme on travaille, sans cérémonie — la soupière au milieu et chacun se sert. Ce chtchi-là, ma femme et moi le laissons mijoter des heures sur le poêle pendant que je gribouille mes partitions entre deux expériences ; le chou aigre veut du temps, comme une fugue. Une bonne cuillerée de smetana au fond du bol, du pain noir à côté, et vous voilà réchauffé pour tout l'hiver de Pétersbourg. Mangez, mangez, j'en ai toujours pour dix de plus à l'improviste.
Alexandre Borodine
Ingrédients
  • Chou lacto-fermenté (kvachenaïa kapousta)une bonne jatte (base acide et umami)
  • Viande de bœuf à bouillirun morceau (bouillon)
  • Oignonsquelques-uns (aromate)
  • Carotte et racine de persilà volonté (douceur)
  • Aneth et laurierun bouquet (parfum)
  • Crème aigre (smetana)pour servir (liaison)
Comment on faisait : Le chtchi se cuisait dans le four russe (pétch), une grande masse de brique qui gardait une chaleur douce toute la journée : on y glissait la marmite le matin et la soupe confisait lentement jusqu'au soir, d'où son moelleux incomparable. On disait que « le chtchi et la kacha, voilà notre nourriture ».
Sources : Elena Molokhovets, Un cadeau aux jeunes ménagères (1861) · Pohlebkine V., Histoire de la cuisine russe

Voir aussi