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Blanc-manger aux amandes et à l'eau de rose
Pourquoi ce plat ? Tremblant et d'une blancheur parfaite, le blanc-manger faisait honneur à une table de réception. Adélaïde, qui tenait salon et recevait élèves et confrères dans son atelier, pouvait offrir ce dessert élégant et peu coûteux à façonner, digne d'une hôtesse de goût.
Une gelée laiteuse d'amandes pilées, sucrée et parfumée à l'eau de rose, prise en moule et démoulée bien froide. Le dessert raffiné par excellence du XVIIIe siècle, à la fois simple et spectaculaire.
Quand je reçois après une séance, j'aime présenter une chose qui flatte l'œil avant le palais — n'est-ce point mon métier ? Ce blanc-manger, je le veux d'un blanc sans tache, fait de mes amandes pilées et passées, pris dans son moule comme une figure prend forme sous le pinceau. Un soupçon d'eau de rose, point trop, car l'excès gâte tout, en peinture comme en cuisine. On le démoule en tremblant et la table entière retient son souffle : voilà mon petit triomphe de fin de dîner.
- •Amandes douces mondées — une livre (lait d'amande de base)
- •Quelques amandes amères — cinq ou six (parfum)
- •Sucre en pain pilé — à discrétion (douceur)
- •Eau de rose — une cuillerée (parfum)
- •Colle de poisson ou corne de cerf râpée — ce qu'il faut pour prendre (gélifiant)
Blanc-manger aux amandes et à l'eau de rose
Une gelée laiteuse d'amandes pilées, sucrée et parfumée à l'eau de rose, prise en moule et démoulée bien froide. Le dessert raffiné par excellence du XVIIIe siècle, à la fois simple et spectaculaire.
Pourquoi ce plat ? Tremblant et d'une blancheur parfaite, le blanc-manger faisait honneur à une table de réception. Adélaïde, qui tenait salon et recevait élèves et confrères dans son atelier, pouvait offrir ce dessert élégant et peu coûteux à façonner, digne d'une hôtesse de goût.
Quand je reçois après une séance, j'aime présenter une chose qui flatte l'œil avant le palais — n'est-ce point mon métier ? Ce blanc-manger, je le veux d'un blanc sans tache, fait de mes amandes pilées et passées, pris dans son moule comme une figure prend forme sous le pinceau. Un soupçon d'eau de rose, point trop, car l'excès gâte tout, en peinture comme en cuisine. On le démoule en tremblant et la table entière retient son souffle : voilà mon petit triomphe de fin de dîner.
Ingrédients (version d’époque)
- Amandes douces mondées — une livre (lait d'amande de base)
- Quelques amandes amères — cinq ou six (parfum)
- Sucre en pain pilé — à discrétion (douceur)
- Eau de rose — une cuillerée (parfum)
- Colle de poisson ou corne de cerf râpée — ce qu'il faut pour prendre (gélifiant)
Ingrédients
- Poudre d'amandes — 200 g (lait d'amande de base)
- Lait entier — 50 cl (liquide)
- Sucre — 100 g (douceur)
- Eau de rose — 1 à 2 cuillères à café (parfum)
- Extrait d'amande amère — 2 gouttes (parfum)
- Gélatine — 5 feuilles (gélifiant)
Préparation
- Faire chauffer le lait avec la poudre d'amandes et le sucre, laisser infuser hors du feu 20 minutes.
- Passer au travers d'un linge fin en pressant bien pour extraire un lait d'amande lisse.
- Faire ramollir la gélatine à l'eau froide, puis la dissoudre dans le lait d'amande réchauffé sans bouillir.
- Parfumer d'eau de rose et d'une pointe d'amande amère.
- Verser dans un moule rincé à l'eau froide et laisser prendre au frais au moins quatre heures.
- Démouler bien froid en trempant brièvement le moule dans l'eau tiède.
Comment on faisait : Au XVIIIe siècle, on faisait prendre le blanc-manger avec de la colle de poisson (ichtyocolle) ou de la corne de cerf râpée, faute de gélatine en feuilles. Le lait d'amande était obtenu en pilant les amandes au mortier puis en pressant la pâte dans un linge. Massialot et Menon en donnent plusieurs versions.
Le twist contemporain : Démouler sur une assiette d'ardoise sombre et parsemer de pétales de rose cristallisés — un camée pâle sur fond noir, comme un portrait à la mode du temps.
Sources : François Massialot, Le Cuisinier roïal et bourgeois (1691) · Menon, La Cuisinière bourgeoise (1746)
Adélaïde Labille-Guiard · Charactorium





