La carte de Élisabeth Vigée Le Brun
Le poulet à la sauce grecque du souper d'Anacharsis
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Plat de rôt du souper grec (service de réception à l'antique)

Le poulet à la sauce grecque du souper d'Anacharsis

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Plat de rôt du souper grec (service de réception à l'antique)

Le poulet à la sauce grecque du souper d'Anacharsis

Pourquoi ce plat ? Vigée Le Brun raconte dans ses Souvenirs ce souper improvisé où, ayant lu une recette de sauce dans le Voyage du jeune Anacharsis de l'abbé Barthélemy, elle costuma ses convives à la grecque et fit servir des plats nappés d'une sauce douce. La soirée devint si célèbre que la rumeur en gonfla follement le coût dans tout Paris.

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Plat de rôt du souper grec (service de réception à l'antique)

Un poulet rôti puis nappé d'une sauce blonde au miel et aux raisins de Corinthe, parfumée d'un trait de vinaigre — l'idée que l'on se faisait, dans les salons du XVIIIe siècle, d'un mets de la Grèce antique.

Vous croirez à peine quelle folie ce souper fit courir dans Paris. Ayant trouvé dans mon Anacharsis une sauce des Anciens, je voulus en régaler mes amis et les fis tous vêtir à la grecque ; je nappai mes viandes de ce miel mêlé de petits raisins et d'un filet de vinaigre, et l'on me crut ruinée tant la rumeur enfla la dépense ! En vérité, je n'y dépensai presque rien — mais je peignis ce soir-là le plus joli tableau vivant qui se pût voir.
Élisabeth Vigée Le Brun
Ingrédients
  • Poulet de grainune belle volaille (pièce de rôt)
  • Mielquelques cuillerées (douceur de la sauce)
  • Raisins de Corinthe (secs)une bonne poignée (fruit moelleux de la sauce)
  • Vinaigre de vinun filet (pointe d'acidité)
  • Beurre finune noix (liaison)
  • Sel, poivreselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le souper eut lieu vers 1788 ; Vigée Le Brun s'inspira d'une sauce décrite dans le Voyage du jeune Anacharsis (1788) de l'abbé Barthélemy. C'est une cuisine « savante » et fantaisée : non la vraie cuisine grecque antique, mais l'idée qu'en avaient les lettrés du XVIIIe siècle, mêlant miel, raisins et vinaigre selon le goût aigre-doux que l'on prêtait aux Anciens.
Sources : Élisabeth Vigée Le Brun, Souvenirs (1835-1837) · Abbé Barthélemy, Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (1788)

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