Potée champenoise au chou et au lard
Un grand pot où mijotent ensemble chou, légumes-racines, lard et saucisson de campagne. Le bouillon se mange en premier avec du pain, la viande et les légumes ensuite : un seul feu, un seul plat, toute une tablée nourrie.
Un grand pot où mijotent ensemble chou, légumes-racines, lard et saucisson de campagne. Le bouillon se mange en premier avec du pain, la viande et les légumes ensuite : un seul feu, un seul plat, toute une tablée nourrie.
Approchez votre écuelle, ne soyez pas timide ! Chez nous, à Nogent, ma mère mettait le pot sur le coin du fourneau au matin et il chantait tout doucement jusqu'à midi. Le secret, voyez-vous, c'est de ne jamais brusquer le chou — il faut le laisser se fondre dans le lard, lentement, comme on dégrossit un bloc avant d'y chercher la forme. On trempait le pain dans le bouillon brûlant, et croyez-moi, après une matinée au grand air, il n'y avait pas plus beau festin.
- •Chou vert frisé — 1 belle tête (légume-socle)
- •Lard fumé et petit salé — un bon morceau (gras et sel)
- •Saucisson de campagne à cuire — 1 (viande)
- •Navets, carottes, poireaux — selon le jardin (légumes-racines)
- •Pommes de terre — une poignée (féculent)
- •Oignon, clou de girofle, thym — ce qu'il faut (aromates)
Potée champenoise au chou et au lard
Un grand pot où mijotent ensemble chou, légumes-racines, lard et saucisson de campagne. Le bouillon se mange en premier avec du pain, la viande et les légumes ensuite : un seul feu, un seul plat, toute une tablée nourrie.
Pourquoi ce plat ? Fils d'une famille modeste de Nogent-sur-Seine — son père était garde-chasse devenu fermier —, Boucher a grandi avec cette cuisine paysanne champenoise où l'on mijotait longtemps un seul pot qui faisait le repas entier. Ce plat unique, économe et nourrissant, est exactement l'« ordinaire » de sa jeunesse rurale dans l'Aube.
Approchez votre écuelle, ne soyez pas timide ! Chez nous, à Nogent, ma mère mettait le pot sur le coin du fourneau au matin et il chantait tout doucement jusqu'à midi. Le secret, voyez-vous, c'est de ne jamais brusquer le chou — il faut le laisser se fondre dans le lard, lentement, comme on dégrossit un bloc avant d'y chercher la forme. On trempait le pain dans le bouillon brûlant, et croyez-moi, après une matinée au grand air, il n'y avait pas plus beau festin.
Ingrédients (version d’époque)
- Chou vert frisé — 1 belle tête (légume-socle)
- Lard fumé et petit salé — un bon morceau (gras et sel)
- Saucisson de campagne à cuire — 1 (viande)
- Navets, carottes, poireaux — selon le jardin (légumes-racines)
- Pommes de terre — une poignée (féculent)
- Oignon, clou de girofle, thym — ce qu'il faut (aromates)
Ingrédients
- Chou vert frisé — 1 (env. 1 kg) (légume-socle)
- Lard demi-sel — 400 g (gras et sel)
- Palette demi-sel — 500 g (viande)
- Saucisson à cuire — 1 (300 g) (viande)
- Carottes — 4 (légume)
- Navets — 3 (légume)
- Poireaux — 2 (légume)
- Pommes de terre — 6 (féculent)
- Oignon piqué de 2 clous de girofle, thym, laurier — 1 bouquet (aromates)
Préparation
- La veille, dessalez le lard et la palette dans l'eau froide ; blanchissez le chou 5 min dans l'eau bouillante puis égouttez.
- Mettez les viandes salées dans un grand faitout d'eau froide, portez à frémissement et écumez soigneusement.
- Ajoutez l'oignon clouté, le thym, le laurier ; laissez mijoter à couvert 1 h.
- Ajoutez carottes, navets, poireaux et le chou ; poursuivez 45 min.
- Ajoutez le saucisson et les pommes de terre, cuisez encore 30 min jusqu'à tendreté.
- Servez d'abord le bouillon sur des tranches de pain rassis, puis les viandes tranchées entourées des légumes.
Comment on faisait : Dans les campagnes champenoises du XIXe siècle, la potée était le plat dominical et quotidien à la fois : elle cuisait dans la marmite de fonte suspendue à la crémaillère ou posée sur le fourneau à bois. On salait soi-même le porc à l'automne pour tenir l'hiver, d'où l'omniprésence du petit salé et du lard.
Le twist contemporain : Servez le bouillon à part en tasse, parsemé de ciboulette, façon « consommé d'atelier » — un clin d'œil aux sculpteurs de La Ruche qui se réchauffaient d'un bol entre deux séances.
Alfred Boucher · Charactorium