La carte de Agostino Chigi
Servizio di credenza (mets blanc du premier service froid)

Biancomangiare de chapon

FestifDocumentée🍯moyen40 min

Une douceur fondante d'un blanc parfait : chair de chapon effilochée, fondue dans le lait d'amande, liée à la farine de riz et adoucie au sucre. Ni tout à fait salé ni tout à fait dessert — un mets d'apparat où la richesse se mesure à la blancheur.

Servizio di credenza (mets blanc du premier service froid)

Une douceur fondante d'un blanc parfait : chair de chapon effilochée, fondue dans le lait d'amande, liée à la farine de riz et adoucie au sucre. Ni tout à fait salé ni tout à fait dessert — un mets d'apparat où la richesse se mesure à la blancheur.

Mes amis, voyez comme ce plat est blanc ! Le blanc, c'est la couleur des seigneurs, et nul à Rome ne le sert plus pur que moi à la Farnesina. Mon cuisinier pile l'amande jusqu'à ce qu'elle pleure son lait, y noie le chapon défait au fil, et lie le tout à la farine de riz sur un feu doux, sans jamais qu'il prenne couleur — un point de roussi et je le chasse ! Une goutte d'eau de rose, un voile de sucre, et je le présente sur l'argent ciselé : que mes hôtes sachent qu'ici l'on mange comme on dépense.
Agostino Chigi
Ingrédients
  • Blanc de chapon bouillila chair d'un blanc, effilochée menu (base protéinée fondante)
  • Lait d'amandes piléestrois écuelles (liquide nourricier et blancheur)
  • Farine de rizdeux poignées (liant)
  • Sucre blancà belle main (douceur de prestige)
  • Eau de rosequelques gouttes (parfum noble)
  • Gingembre en poudreune pincée (chaleur épicée discrète)
  • Sel finune pincée (équilibre)
Comment on faisait : Le biancomangiare figure dans presque tous les recueils médiévaux et Renaissance, notamment le « Libro de arte coquinaria » de Maestro Martino (vers 1465). On le voulait d'un blanc absolu : les cuisiniers évitaient tout ingrédient coloré et travaillaient à feu très doux. Selon les versions, on le servait tantôt sucré, tantôt relevé, preuve qu'à l'époque la frontière entre salé et sucré n'existait pas.
Sources : Maestro Martino, Libro de arte coquinaria (vers 1465) · Platina (Bartolomeo Sacchi), De honesta voluptate et valetudine (1474)

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