Biscuit de mer du Firecrest
Une galette plate, dure comme bois, cuite deux fois pour chasser toute humidité. Elle ne moisit pas, ne s'écrase pas dans la cambuse, et tient des mois dans une boîte en fer. On la trempe dans le thé ou l'eau pour pouvoir la mordre.
Une galette plate, dure comme bois, cuite deux fois pour chasser toute humidité. Elle ne moisit pas, ne s'écrase pas dans la cambuse, et tient des mois dans une boîte en fer. On la trempe dans le thé ou l'eau pour pouvoir la mordre.
Mon pain, à bord, ce n'était pas le pain tendre des boulangers de Laval. C'était cette galette dure que je rangeais dans une boîte de fer, à l'abri du sel. Quand la faim me tenaillait au milieu de l'Atlantique, je la laissais s'amollir un long moment dans mon quart d'eau tiède, et je la mangeais lentement, en pensant aux escales. Crois-moi, l'homme qui a connu la vraie faim ne méprise plus jamais une croûte.
- •Farine de froment — plusieurs poignées (base)
- •Eau douce — de quoi lier (liant)
- •Sel de mer — une pincée (conservation et goût)
Biscuit de mer du Firecrest
Une galette plate, dure comme bois, cuite deux fois pour chasser toute humidité. Elle ne moisit pas, ne s'écrase pas dans la cambuse, et tient des mois dans une boîte en fer. On la trempe dans le thé ou l'eau pour pouvoir la mordre.
Pourquoi ce plat ? Lors de sa première traversée de l'Atlantique d'est en ouest en 1923, une partie des vivres de Gerbault s'avaria et faillit le laisser mourir de faim. Le biscuit de mer, dur et increvable, resta longtemps son seul pain fiable sous les embruns.
Mon pain, à bord, ce n'était pas le pain tendre des boulangers de Laval. C'était cette galette dure que je rangeais dans une boîte de fer, à l'abri du sel. Quand la faim me tenaillait au milieu de l'Atlantique, je la laissais s'amollir un long moment dans mon quart d'eau tiède, et je la mangeais lentement, en pensant aux escales. Crois-moi, l'homme qui a connu la vraie faim ne méprise plus jamais une croûte.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine de froment — plusieurs poignées (base)
- Eau douce — de quoi lier (liant)
- Sel de mer — une pincée (conservation et goût)
Ingrédients
- Farine de blé T65 — 300 g (base)
- Eau — 130 ml (liant)
- Sel fin — 1 cuillère à café (conservation et goût)
Préparation
- Mélange la farine et le sel, ajoute l'eau peu à peu jusqu'à obtenir une pâte ferme et sèche, à peine collante.
- Pétris brièvement, puis étale la pâte sur 1 cm d'épaisseur.
- Découpe des carrés ou des ronds, pique-les de trous avec une fourchette pour qu'ils ne gonflent pas.
- Cuis à four moyen (160 °C) environ 30 min, jusqu'à ce qu'ils soient secs et pâles.
- Baisse à 110 °C et laisse-les sécher encore 1 h : c'est cette seconde cuisson qui les rend increvables.
- Laisse refroidir complètement et conserve au sec dans une boîte hermétique. Trempe avant de mordre !
Comment on faisait : Le biscuit de mer (ou « biscuit de matelot ») était la base des vivres de bord depuis des siècles : cuit deux fois pour en retirer toute l'eau, il pouvait se garder des années. Les marins le trempaient dans la soupe, le café ou l'eau, sous peine de se briser une dent.
Le twist contemporain : Sers-les en planche apéritive avec une rillette de maquereau et un trait de citron : le biscuit du loup de mer devient cracker de fête.
Sources : Alain Gerbault, Seul à travers l'Atlantique, 1924
Alain Gerbault · Charactorium

