La carte de Aïcha
Pain-socle, présent à chaque sufra

Khubz sha'îr — galette d'orge sur la pierre

QuotidienReconstitution☕ 🧂facile45 min

Une farine d'orge complète, de l'eau, du sel, pétrie et cuite en galette plate sur une pierre chaude ou contre la paroi du four de terre. Dense, à la pointe d'amertume, c'est le pain quotidien que l'on rompt, trempe et partage.

Pain-socle, présent à chaque sufra

Une farine d'orge complète, de l'eau, du sel, pétrie et cuite en galette plate sur une pierre chaude ou contre la paroi du four de terre. Dense, à la pointe d'amertume, c'est le pain quotidien que l'on rompt, trempe et partage.

Veux-tu savoir ce que nous mangions vraiment ? Du pain d'orge, et rarement à satiété. Je pétrissais la farine complète avec l'eau et un peu de sel, sans la blutter — l'orge des riches eût été tamisée, la nôtre gardait son son. Je l'étendais de la paume et la cuisais sur la pierre brûlante. Deux jours de suite à manger ce pain à notre faim ? Cela n'arriva pas du vivant de mon époux. Et pourtant, rompue et trempée de lait, cette galette nous semblait une grâce.
Aïcha
Ingrédients
  • Farine d'orge complète (daqîq sha'îr)non blutée (base du pain)
  • Eaupour la pâte (liant)
  • Selune pincée (goût)
Comment on faisait : Sans levain ni four moderne, on cuisait ces galettes sur le malla (pierre ou sable chauffé) ou contre la paroi d'un four de terre (tannûr). L'orge non blutée, plus amère et plus rustique que le blé, était le grain du peuple ; le pain blanc de froment restait un luxe rare à Médine.
Sources : Sahîh al-Bukhârî, hadîths d'Aïcha sur le pain d'orge et la frugalité du foyer prophétique · Études sur les pains et fours (tannûr) de l'Arabie ancienne