La carte de Al-Farghani
Lauzīnaj (feuilleté aux amandes et à l'eau de rose)
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Ḥalwiyyāt (douceur, fin de repas)

Lauzīnaj (feuilleté aux amandes et à l'eau de rose)

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Ḥalwiyyāt (douceur, fin de repas)

Lauzīnaj (feuilleté aux amandes et à l'eau de rose)

Pourquoi ce plat ? Le lauzīnaj, douceur d'amandes en feuilles croustillantes nappées de sirop à l'eau de rose, était la pâtisserie la plus prestigieuse de la cour abbasside. Al-Farghānī, originaire de Ferghana — une région riche en amandiers — a certainement retrouvé dans ce mets un goût de sa terre natale, servi lors des réceptions savantes à Bagdad.

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Ḥalwiyyāt (douceur, fin de repas)

Fins feuillets de pâte farcis d'amandes pilées mêlées de sucre et de musc, baignés d'un sirop parfumé à l'eau de rose. Ancêtre du baklava, ce mets délicat est le joyau des douceurs abbassides, si prisé que les poètes le célébraient dans leurs vers.

Les amandes de ma Ferghana natale sont les plus douces que j'aie connues. Quand je suis arrivé à Bagdad, jeune homme avide de science, j'ai retrouvé leur saveur dans le lauzīnaj que les pâtissiers du souk préparaient en feuilles si fines qu'on pouvait lire un manuscrit au travers. On les garnit d'amandes pilées avec du sucre, on les plie, on les fait frire, puis on les noie dans un sirop parfumé à l'eau de rose. Le craquant cède sous la dent et libère la douceur — comme un calcul qui, après l'effort, révèle enfin l'élégance de la solution.
Al-Farghani
Ingrédients
  • Pâte très fine (ruqāq)plusieurs feuilles (enveloppe croustillante)
  • Amandes mondéesune bonne mesure (farce principale)
  • Sucre ou mielà discrétion (sucrant)
  • Eau de rosequelques cuillerées (parfum floral)
  • Musc ou camphre (trace)un soupçon (parfum noble)
  • Huile de sésame pour frituresuffisamment (cuisson)
Comment on faisait : Le lauzīnaj est documenté dans le Kitāb al-Ṭabīkh d'al-Warrāq et dans de nombreux textes littéraires abbassides. Le poète Kushājim (Xe siècle) lui consacra un poème entier. La version originale utilisait des feuilles de pâte (ruqāq) d'une finesse extrême, frites dans l'huile de sésame. Le musc et le camphre, épices de luxe, marquaient la version palatiale.
Sources : Ibn Sayyār al-Warrāq, Kitāb al-Ṭabīkh — chapitre sur les douceurs (ḥalwiyyāt) · Nawal Nasrallah, Annals of the Caliphs' Kitchens, Brill, 2007 · Charles Perry, « The Taste for Layered Bread among the Nomadic Turks and the Central Asian Origins of Baklava », in A Taste of Thyme, Tauris Parke, 2000

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