La carte de Aboû Nouwâs
Sikbâj de mouton aigre-doux
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Le ragoût d'honneur de la sufra (murakkab, plat composé de viande)

Sikbâj de mouton aigre-doux

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Le ragoût d'honneur de la sufra (murakkab, plat composé de viande)

Sikbâj de mouton aigre-doux

Pourquoi ce plat ? Abû Nouwâs chante les festins de la cour de Haroun al-Rachid et d'Al-Amine, où le sikbâj — réputé plat favori des califes et des rois sassanides avant eux — trônait sur la sufra. Ce ragoût au vinaigre adouci de miel était le mets de prestige que le poète voyait défiler entre deux coupes au majlis.

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Le ragoût d'honneur de la sufra (murakkab, plat composé de viande)

Un ragoût d'agneau mijoté longuement dans le vinaigre, le miel et les épices, jusqu'à ce que la viande fonde dans une sauce ambrée et brillante. L'aigre du vinaigre, le sucré du miel et des dattes, le parfum de la cannelle et du safran : c'est le grand plat de fête abbasside, celui qu'on apportait pour honorer un invité.

Approche, convive, et ne fais pas le pudibond ! Voici le sikbâj que l'on servait sous Al-Amine, quand la nuit de Bagdad sentait le safran et le vin. On fait suer la chair d'agneau dans la graisse, on la noie de vinaigre et d'un trait de miel, on jette cannelle, dattes et un soupçon de ce murri qui réveillerait un mort — puis on laisse le pot chanter sur la braise. Mange-le tiède, la coupe à la main, et tu comprendras pourquoi je préfère la table des vivants aux promesses du paradis.
Aboû Nouwâs
Ingrédients
  • Chair de mouton ou d'agneauun beau morceau avec os (base)
  • Vinaigre de vin ou de dattesun bon gobelet (acidité)
  • Mieldeux cuillerées (douceur)
  • Dattesune poignée (douceur et liant)
  • Oignonsdeux (fond)
  • Cannelle, coriandre, safranselon le goût (épices)
  • Murri (condiment fermenté)un trait (umami)
Comment on faisait : Le sikbâj (du persan « sik », vinaigre) est l'un des plats les mieux documentés de la cuisine abbasside : on le retrouve dans le Kitâb al-Tabîkh d'Ibn Sayyâr al-Warrâq (Xe siècle), qui le dit hérité des rois sassanides. La viande était souvent colorée au safran et la sauce liée par réduction.
Sources : Ibn Sayyâr al-Warrâq, Kitâb al-Tabîkh (Xe s.) ; Nawal Nasrallah, Annals of the Caliphs' Kitchens (2007)

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