La carte de Abou Inan
Plat d'apparat du grand plateau (tabsil al-‘urs), viande liée au miel

Mrouzia d'agneau au miel, raisins et amandes

FestifDocumentée🍯 🧂 🌶️moyen2 h

De l'épaule d'agneau fondante mijotée des heures durant dans un sirop d'épices et de miel, hérissée de raisins secs gonflés et d'amandes dorées. Le plat oscille entre le salé de la viande, le sucré profond du miel et la chaleur du ras el-hanout : un mets de pur prestige.

Plat d'apparat du grand plateau (tabsil al-‘urs), viande liée au miel

De l'épaule d'agneau fondante mijotée des heures durant dans un sirop d'épices et de miel, hérissée de raisins secs gonflés et d'amandes dorées. Le plat oscille entre le salé de la viande, le sucré profond du miel et la chaleur du ras el-hanout : un mets de pur prestige.

Sache, ô hôte, que par la grâce de Dieu nul ne quitte ma table le ventre creux. Vois cette viande : on l'a couchée dans le miel de nos montagnes et le meilleur de la boutique de l'épicier, puis abandonnée sur la braise basse le temps qu'il faut à un homme pieux pour réciter ses prières du jour. À Fès, je la faisais préparer pour mon ami le voyageur Ibn Battuta, afin qu'il sût que les délices du Maghreb valaient ceux d'Orient. Mange de ta main droite, et loue Celui qui pourvoit.
Abou Inan
Ingrédients
  • Épaule et côtes d'agneauune belle pièce (viande de fête)
  • Miel de montagneà généreuse mesure (liant sucré et conservation)
  • Smen (beurre clarifié fermenté)une grosse noix (matière grasse parfumée)
  • Ras el-hanout (cannelle, gingembre, poivre long, macis, clou de girofle, lavande)une pleine paume (âme aromatique)
  • Safranquelques filaments (couleur d'or et parfum)
  • Raisins secsdeux poignées (douceur fondante)
  • Amandes émondéesune poignée (croquant)
  • Eau de fleur d'orangerun trait (parfum final)
Comment on faisait : Les livres de cuisine andalou-maghrébins du XIIIᵉ siècle (comme la Fadalat al-khiwan d'Ibn Razin al-Tujibi) décrivent déjà ces viandes longuement confites au miel et aux épices. Le miel servait aussi de conservateur : une mrouzia bien faite pouvait tenir plusieurs jours, ce qui en faisait un plat des grandes fêtes et des provisions.
Sources : Ibn Razin al-Tujibi, Fadalat al-khiwan fi tayyibat al-ta'am wa-l-alwan (XIIIᵉ s., cuisine andalou-maghrébine) · Ibn Battuta, Rihla (récit de voyage commandé par Abou Inan Faris)