La carte de Alain Badiou
Le jambon-beurre des trottoirs de la rue d'Ulm
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Le casse-croûte parisien avalé debout

Le jambon-beurre des trottoirs de la rue d'Ulm

Street foodÉvocation🧂facile10 min
Le casse-croûte parisien avalé debout

Le jambon-beurre des trottoirs de la rue d'Ulm

Pourquoi ce plat ? Entre deux séminaires à l'École normale supérieure, rue d'Ulm, l'étudiant puis le maître pressé n'a pas le temps d'un vrai repas : il achète au comptoir le sandwich le plus simple et le plus français qui soit, et le mange en marchant vers la salle de cours.

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Le casse-croûte parisien avalé debout

Une demi-baguette croustillante, du beurre de ferme étalé généreusement, deux belles tranches de jambon de Paris. Rien de plus. La sobriété même, mais le pain doit chanter sous la dent et le beurre fondre à peine.

Voyez-vous, une vérité n'a pas besoin de faste pour exister. Entre deux heures de séminaire, je n'avais ni le temps ni le goût des grandes tables : une demi-baguette, du beurre, du jambon, et l'on repartait penser. Le tour de main, le seul, c'est de ne pas lésiner sur le beurre et de mordre dans le pain encore craquant — le reste est affaire de conversation. Le militant mange vite parce que l'essentiel l'attend ailleurs.
Alain Badiou
Ingrédients
  • Baguette de traditionune demi (base croustillante)
  • Beurre de baratte demi-selune bonne noix (liant et gras)
  • Jambon de Parisdeux tranches (garniture salée)
Comment on faisait : Le jambon-beurre est resté tout au long du XXe siècle le sandwich le plus consommé de France, vendu à chaque comptoir de bistrot et de boulangerie. C'était le repas du travailleur, de l'étudiant et de l'intellectuel pressé : peu cher, immédiat, partout disponible dans le Paris des Trente Glorieuses.

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