Café noir serré
Un café noir, court et corsé, servi brûlant dans une petite tasse. Amertume franche, à boire sans sucre pour tenir la nuit ou ponctuer une conversation.
Un café noir, court et corsé, servi brûlant dans une petite tasse. Amertume franche, à boire sans sucre pour tenir la nuit ou ponctuer une conversation.
À Combat, les nuits de bouclage, c'est le café qui nous tenait debout, noir et serré, avalé entre deux cigarettes pendant que les épreuves arrivaient. Je l'aime court et brûlant, sans façon, comme on le prend au comptoir d'Alger sur le zinc, debout, le temps d'un mot échangé. C'est une amertume honnête, qui réveille l'esprit sans le mentir. Verse-le-toi serré, et tu sauras de quoi étaient faites mes nuits d'écriture.
- •Café moulu fin — une bonne dose (base)
- •Eau — très peu, pour un café court (extraction)
Café noir serré
Un café noir, court et corsé, servi brûlant dans une petite tasse. Amertume franche, à boire sans sucre pour tenir la nuit ou ponctuer une conversation.
Pourquoi ce plat ? Camus était un grand buveur de café, compagnon de ses cigarettes et de ses nuits de travail. À la rédaction du journal Combat, qu'il dirigea à la Libération, le café serré soutenait les bouclages tardifs ; il accompagne l'image même de l'écrivain au manuscrit, machine à écrire et tasse à portée de main.
À Combat, les nuits de bouclage, c'est le café qui nous tenait debout, noir et serré, avalé entre deux cigarettes pendant que les épreuves arrivaient. Je l'aime court et brûlant, sans façon, comme on le prend au comptoir d'Alger sur le zinc, debout, le temps d'un mot échangé. C'est une amertume honnête, qui réveille l'esprit sans le mentir. Verse-le-toi serré, et tu sauras de quoi étaient faites mes nuits d'écriture.
Ingrédients (version d’époque)
- Café moulu fin — une bonne dose (base)
- Eau — très peu, pour un café court (extraction)
Ingrédients
- Café fraîchement moulu (mouture fine) — 7-8 g par tasse (base)
- Eau — 30-40 ml par tasse (extraction)
Préparation
- Moudre le café finement, juste avant l'extraction.
- Préparer un café court et corsé (cafetière à piston serrée, italienne ou machine), avec peu d'eau pour concentrer les arômes.
- Servir aussitôt, brûlant, dans une petite tasse préchauffée.
- Boire sans sucre pour retrouver l'amertume franche du comptoir.
Comment on faisait : Dans l'Algérie de Camus comme dans le Paris d'après-guerre, le café se prenait au comptoir, debout et serré. Les cafés étaient des lieux de sociabilité et de travail intellectuel : on y refaisait le monde et on y corrigeait des manuscrits, dans la fumée des cigarettes.
Le twist contemporain : Servi en double ristretto avec un carré de chocolat noir et un verre d'eau fraîche, à la mode des comptoirs méditerranéens d'aujourd'hui.
Sources : Olivier Todd, Albert Camus, une vie (Gallimard, 1996) · Histoire du journal Combat (1944-1947)
Albert Camus · Charactorium