La carte de Albert Camus
Boisson de table et de veille, du comptoir d'Alger aux nuits de rédaction parisiennes

Café noir serré

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Un café noir, court et corsé, servi brûlant dans une petite tasse. Amertume franche, à boire sans sucre pour tenir la nuit ou ponctuer une conversation.

Boisson de table et de veille, du comptoir d'Alger aux nuits de rédaction parisiennes

Un café noir, court et corsé, servi brûlant dans une petite tasse. Amertume franche, à boire sans sucre pour tenir la nuit ou ponctuer une conversation.

À Combat, les nuits de bouclage, c'est le café qui nous tenait debout, noir et serré, avalé entre deux cigarettes pendant que les épreuves arrivaient. Je l'aime court et brûlant, sans façon, comme on le prend au comptoir d'Alger sur le zinc, debout, le temps d'un mot échangé. C'est une amertume honnête, qui réveille l'esprit sans le mentir. Verse-le-toi serré, et tu sauras de quoi étaient faites mes nuits d'écriture.
Albert Camus
Ingrédients
  • Café moulu finune bonne dose (base)
  • Eautrès peu, pour un café court (extraction)
Comment on faisait : Dans l'Algérie de Camus comme dans le Paris d'après-guerre, le café se prenait au comptoir, debout et serré. Les cafés étaient des lieux de sociabilité et de travail intellectuel : on y refaisait le monde et on y corrigeait des manuscrits, dans la fumée des cigarettes.
Sources : Olivier Todd, Albert Camus, une vie (Gallimard, 1996) · Histoire du journal Combat (1944-1947)