Le café noir de l'atelier (caffè nero de Montparnasse)
Un café serré, noir et amer, tel qu'on le buvait sans fin dans les cafés de Montparnasse et au coin du poêle de l'atelier. Moins un plaisir qu'un compagnon de travail.
Un café serré, noir et amer, tel qu'on le buvait sans fin dans les cafés de Montparnasse et au coin du poêle de l'atelier. Moins un plaisir qu'un compagnon de travail.
Le café, c'est ce qui me tient quand la nuit s'éternise et que la tête refuse de lâcher la figure que je cherche. Au Dôme, je m'asseyais des heures, une tasse devant moi, une cigarette, et je regardais les gens passer — chaque visage un problème impossible à résoudre. Je le prends noir, serré, amer, sans rien dedans : le sucre, c'est pour ceux qui ont le temps. Moi je n'ai que le travail, et le café est de mon côté.
- •Café moulu, torréfaction foncée — une bonne dose (base)
- •Eau — une petite tasse (extraction)
Le café noir de l'atelier (caffè nero de Montparnasse)
Un café serré, noir et amer, tel qu'on le buvait sans fin dans les cafés de Montparnasse et au coin du poêle de l'atelier. Moins un plaisir qu'un compagnon de travail.
Pourquoi ce plat ? On sait, par tous ses biographes, que Giacometti vivait de café, d'alcool et d'innombrables cigarettes, travaillant la nuit dans son atelier minuscule de la rue Hippolyte-Maindron et finissant aux cafés de Montparnasse — le Dôme, la Coupole. Le café noir était son carburant, bien avant les vrais repas.
Le café, c'est ce qui me tient quand la nuit s'éternise et que la tête refuse de lâcher la figure que je cherche. Au Dôme, je m'asseyais des heures, une tasse devant moi, une cigarette, et je regardais les gens passer — chaque visage un problème impossible à résoudre. Je le prends noir, serré, amer, sans rien dedans : le sucre, c'est pour ceux qui ont le temps. Moi je n'ai que le travail, et le café est de mon côté.
Ingrédients (version d’époque)
- Café moulu, torréfaction foncée — une bonne dose (base)
- Eau — une petite tasse (extraction)
Ingrédients
- Café fraîchement moulu, torréfaction foncée — 18 g (base)
- Eau filtrée à ~92 °C — 30–60 ml (espresso) ou 150 ml (filtre serré) (extraction)
Préparation
- Moudre le café juste avant de le préparer, assez fin pour une extraction serrée.
- Préparer à la cafetière à piston, à l'italienne (moka) ou en espresso, sans allonger.
- Servir immédiatement, brûlant, dans une petite tasse épaisse, sans sucre ni lait.
- Accompagner, à la mode atelier, d'un verre d'eau et d'une heure de travail.
Comment on faisait : Dans le Paris d'avant et d'après-guerre, les cafés de Montparnasse étaient le second atelier des artistes : on y travaillait, débattait et survivait à crédit autour d'un café. Le café serré, hérité de la tradition italienne et largement diffusé au XXe siècle, structurait des journées de travail qui ignoraient les horaires des repas.
Le twist contemporain : Servi dans une tasse de grès brut, brute comme un socle de plâtre, à côté d'un carnet et d'un crayon — le café comme outil de travail.
Sources : James Lord, Giacometti: A Biography (1985) · David Sylvester, Looking at Giacometti (1994)
Alberto Giacometti · Charactorium
