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Pulmentum de pois aux poireaux
Pourquoi ce plat ? C'est l'ordinaire d'un frère prêcheur : une bouillie de légumineuses, économique et rassasiante, qui tenait Albert et ses étudiants jusqu'au soir entre deux leçons à Paris ou à Cologne. La règle restreignant la viande, le pois sec était la grande source de force des moines.
Une épaisse purée de pois cassés mijotée avec poireaux, oignon et herbes du jardin, liée d'un filet d'huile et relevée de poivre. Simple, chaude, réconfortante : le plat de chaque jour maigre.
Approche-toi, et regarde ce que la sobriété de notre Ordre met dans l'écuelle. Le pois, vois-tu, est de nature chaude et tempérée : il restaure les forces du corps sans l'alourdir vers les choses basses, ce qui sied à l'esprit qui veut étudier. Nous le faisons tremper dès vêpres, puis fondre longuement avec le poireau de notre jardin et un brin de sauge, jusqu'à ce qu'il se défasse comme une pâte. Mange-le chaud, en silence, pendant que le frère lecteur nourrit ton âme : car le ventre apaisé, l'intelligence s'élève plus aisément vers Celui qui a ordonné toute chose.
- •Pois secs (entiers ou fendus) — deux poignées par convive (base nourrissante)
- •Poireaux — quelques-uns (légume aromatique)
- •Oignon — un (fond)
- •Huile ou lard fondu (selon le jour) — un filet (liant gras)
- •Sauge, persil, livèche — une botte du jardin (parfum)
- •Poivre, sel — à discrétion (assaisonnement)
Pulmentum de pois aux poireaux
Une épaisse purée de pois cassés mijotée avec poireaux, oignon et herbes du jardin, liée d'un filet d'huile et relevée de poivre. Simple, chaude, réconfortante : le plat de chaque jour maigre.
Pourquoi ce plat ? C'est l'ordinaire d'un frère prêcheur : une bouillie de légumineuses, économique et rassasiante, qui tenait Albert et ses étudiants jusqu'au soir entre deux leçons à Paris ou à Cologne. La règle restreignant la viande, le pois sec était la grande source de force des moines.
Approche-toi, et regarde ce que la sobriété de notre Ordre met dans l'écuelle. Le pois, vois-tu, est de nature chaude et tempérée : il restaure les forces du corps sans l'alourdir vers les choses basses, ce qui sied à l'esprit qui veut étudier. Nous le faisons tremper dès vêpres, puis fondre longuement avec le poireau de notre jardin et un brin de sauge, jusqu'à ce qu'il se défasse comme une pâte. Mange-le chaud, en silence, pendant que le frère lecteur nourrit ton âme : car le ventre apaisé, l'intelligence s'élève plus aisément vers Celui qui a ordonné toute chose.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois secs (entiers ou fendus) — deux poignées par convive (base nourrissante)
- Poireaux — quelques-uns (légume aromatique)
- Oignon — un (fond)
- Huile ou lard fondu (selon le jour) — un filet (liant gras)
- Sauge, persil, livèche — une botte du jardin (parfum)
- Poivre, sel — à discrétion (assaisonnement)
Ingrédients
- Pois cassés — 250 g (base nourrissante)
- Poireaux — 2 (légume aromatique)
- Oignon — 1 (fond)
- Huile d'olive — 3 c. à soupe (liant gras)
- Sauge fraîche — 4 feuilles (parfum)
- Persil et livèche (ou céleri) — 1 petit bouquet (parfum)
- Poivre et sel — selon le goût (assaisonnement)
Préparation
- Faites tremper les pois cassés 1 à 2 heures (facultatif mais plus rapide).
- Émincez l'oignon et les poireaux, faites-les suer doucement dans l'huile sans coloration.
- Ajoutez les pois égouttés et couvrez d'eau de trois doigts. Portez à frémissement.
- Laissez mijoter 45 min à 1 h en remuant, jusqu'à ce que les pois se défassent en purée épaisse.
- Ajoutez la sauge, le persil et la livèche ciselés en fin de cuisson. Salez, poivrez généreusement.
- Servez très chaud, éventuellement avec un trait d'huile et du pain bis.
Comment on faisait : Dans les couvents médiévaux, les bouillies de légumineuses (pois, fèves, lentilles) formaient le socle du régime maigre. On les cuisait des heures dans de grands chaudrons de cuivre, sans la précision de nos balances : la quantité d'eau et d'herbes se jugeait à l'œil et au geste. Le lard n'apparaissait que les jours gras autorisés.
Le twist contemporain : Un voile d'huile à la sauge frite et quelques croûtons de pain d'épeautre toasté transforment l'humble pitance en velouté de bistrot.
Sources : Humbert de Romans, Instructions pour les frères convers et la vie au réfectoire (XIIIe s.) · Albert le Grand, De vegetabilibus et plantis (vers 1260)
Albert le Grand · Charactorium





