La carte de Alceste
Blanc-manger aux amandes
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Entremets (douceurs du service)

Blanc-manger aux amandes

FestifDocumentée🍯facile30 min + 4 h de prise
Entremets (douceurs du service)

Blanc-manger aux amandes

Pourquoi ce plat ? Célimène reçoit, et la mode exige les entremets blancs et délicats qui flattent l'œil autant que le palais. Alceste y voit le comble de la coquetterie mondaine — un mets aussi joliment fardé qu'un visage de salon.

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Entremets (douceurs du service)

Une gelée douce et tremblante de lait d'amandes, parfumée d'eau de rose et de sucre, prise au frais et démoulée d'un blanc immaculé. La friandise élégante des grandes tables du Grand Siècle.

Ah, le blanc-manger ! Voilà bien le mets de ce monde : tout blanc, tout lisse, tout sucré, et qui ne dit rien de vrai. On me le sert chez Célimène, et je le regarde comme je regarde ces dames poudrées — beau dehors, vide dedans. Pourtant, je l'avoue tout bas : quand l'amande est franche et l'eau de rose discrète, il tremble sur la langue d'une douceur que je n'ose blâmer. Goûtez-en, mais ne lui demandez pas plus de sincérité qu'à un courtisan.
Alceste
Ingrédients
  • Amandes doucesune bonne poignée (lait d'amande)
  • Eauce qu'il faut (extraction du lait)
  • Sucreà discrétion (douceur)
  • Eau de rosequelques gouttes (parfum)
  • Colle de poisson ou corne de cerfselon prise (gélifiant)
Comment on faisait : Le blanc-manger traverse les siècles : médiéval, il mêlait blanc de volaille pilé et amande ; au XVIIe siècle il devient surtout cette gelée sucrée d'amande, prise autrefois à la colle de poisson ou à la corne de cerf râpée. On le moulait et on le démoulait pour épater les convives par sa blancheur parfaite. Aucun produit du Nouveau Monde ici : amande, sucre de canne et eau de rose étaient connus de longue date en Europe.
Sources : François Pierre de La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651 · L'École parfaite des officiers de bouche, 1662

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