Hypocras au vin et aux épices
Du vin rouge ou blanc adouci de sucre et infusé de cannelle, gingembre et girofle, filtré jusqu'à la limpidité. La boisson d'apparat qui scelle les repas de fête du Grand Siècle.
Du vin rouge ou blanc adouci de sucre et infusé de cannelle, gingembre et girofle, filtré jusqu'à la limpidité. La boisson d'apparat qui scelle les repas de fête du Grand Siècle.
On verse l'hypocras pour clore le repas, et j'en prends, car refuser tout serait encore une affectation. Mais voyez : je le coupe d'eau, je n'en abuse point. Du bon vin, du sucre, un peu de cannelle et de gingembre qu'on laisse infuser une nuit, puis qu'on passe au linge jusqu'à le rendre clair comme une conscience honnête — voilà tout le secret. Buvez-en une coupe avec moi, et qu'elle soit franche : je hais les amitiés qu'on jure le verre à la main et qu'on trahit dès l'antichambre.
- •Vin — une bouteille (base)
- •Sucre — à discrétion (douceur)
- •Cannelle — un bâton (épice)
- •Gingembre — un morceau (épice chaude)
- •Girofle et muscade — quelques clous, un soupçon (épices fines)
Hypocras au vin et aux épices
Du vin rouge ou blanc adouci de sucre et infusé de cannelle, gingembre et girofle, filtré jusqu'à la limpidité. La boisson d'apparat qui scelle les repas de fête du Grand Siècle.
Pourquoi ce plat ? Alceste boit son vin coupé d'eau, en homme sobre ; mais l'usage du monde veut qu'on close le repas sur l'hypocras épicé, vin de cérémonie qu'on partage avant de se quitter. Même retiré dans son « désert », il en connaît le rite.
On verse l'hypocras pour clore le repas, et j'en prends, car refuser tout serait encore une affectation. Mais voyez : je le coupe d'eau, je n'en abuse point. Du bon vin, du sucre, un peu de cannelle et de gingembre qu'on laisse infuser une nuit, puis qu'on passe au linge jusqu'à le rendre clair comme une conscience honnête — voilà tout le secret. Buvez-en une coupe avec moi, et qu'elle soit franche : je hais les amitiés qu'on jure le verre à la main et qu'on trahit dès l'antichambre.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin — une bouteille (base)
- Sucre — à discrétion (douceur)
- Cannelle — un bâton (épice)
- Gingembre — un morceau (épice chaude)
- Girofle et muscade — quelques clous, un soupçon (épices fines)
Ingrédients
- Vin rouge (ou blanc) fruité — 75 cl (base)
- Sucre — 80 à 100 g (douceur)
- Bâton de cannelle — 1 (épice)
- Gingembre frais en lamelles — 3 fines tranches (épice chaude)
- Clous de girofle — 3 (épice fine)
- Noix de muscade râpée — 1 pincée (épice fine)
Préparation
- Verser le vin dans un grand récipient, y dissoudre le sucre.
- Ajouter la cannelle, le gingembre, les clous de girofle et la muscade.
- Couvrir et laisser infuser à froid au moins une nuit (12 h).
- Filtrer soigneusement à travers un linge fin ou un filtre à café jusqu'à obtenir un liquide limpide.
- Servir frais dans de petites coupes, éventuellement allongé d'un peu d'eau à la mode d'Alceste.
Comment on faisait : L'hypocras, vin sucré et épicé filtré dans une « manche d'Hippocrate » (sac de tissu conique d'où son nom), était la boisson de cérémonie des fins de repas du Moyen Âge jusqu'au XVIIe siècle. On le préparait à froid pour préserver les arômes des épices. Le vin coupé d'eau était la norme à table, l'usage le jugeant plus sain et plus civil que le vin pur.
Le twist contemporain : Servi tiède en hiver, il devient l'ancêtre direct du vin chaud — mais le vrai hypocras se buvait frais et limpide, bien plus élégant.
Sources : L'École parfaite des officiers de bouche, 1662 · Nicolas de Bonnefons, Les Délices de la campagne, 1654
Alceste · Charactorium

