Chocolat à la cannelle du matin
Un chocolat épais et mousseux, battu au moulinet dans la chocolatière, parfumé de cannelle et à peine sucré. La boisson des philosophes et des académiciens du Siècle des Lumières.
Un chocolat épais et mousseux, battu au moulinet dans la chocolatière, parfumé de cannelle et à peine sucré. La boisson des philosophes et des académiciens du Siècle des Lumières.
Avant que le jour ne me prenne tout entier à mes pesées et à mes registres, j'aime ce chocolat battu jusqu'à la mousse. On râpe la tablette dans un peu d'eau chaude, on tourne le moulinet entre ses paumes avec patience, et l'on voit la matière s'épaissir et lever : un beau phénomène, à vrai dire, digne d'être observé. Une pincée de cannelle, fort peu de sucre, car je le prends presque amer. C'est le breuvage qui aiguise l'esprit du savant aux premières heures.
- •Tablette de chocolat — un carré ou deux (base de la boisson)
- •Cannelle en bâton — un éclat (épice signature)
- •Sucre — fort peu (adoucissant léger)
- •Eau (ou lait) — un bol (liquide)
Chocolat à la cannelle du matin
Un chocolat épais et mousseux, battu au moulinet dans la chocolatière, parfumé de cannelle et à peine sucré. La boisson des philosophes et des académiciens du Siècle des Lumières.
Pourquoi ce plat ? Lavoisier menait une vie d'une discipline d'horloge : levé tôt, il consacrait ses matinées à la science avant ses charges de fermier général. Le chocolat chaud, boisson savante et à la mode des Lumières, accompagnait ces déjeuners studieux comme dans tous les cabinets de gens éclairés.
Avant que le jour ne me prenne tout entier à mes pesées et à mes registres, j'aime ce chocolat battu jusqu'à la mousse. On râpe la tablette dans un peu d'eau chaude, on tourne le moulinet entre ses paumes avec patience, et l'on voit la matière s'épaissir et lever : un beau phénomène, à vrai dire, digne d'être observé. Une pincée de cannelle, fort peu de sucre, car je le prends presque amer. C'est le breuvage qui aiguise l'esprit du savant aux premières heures.
Ingrédients (version d’époque)
- Tablette de chocolat — un carré ou deux (base de la boisson)
- Cannelle en bâton — un éclat (épice signature)
- Sucre — fort peu (adoucissant léger)
- Eau (ou lait) — un bol (liquide)
Ingrédients
- Chocolat noir 70 % — 40 g (base de la boisson)
- Lait (ou eau) — 25 cl (liquide)
- Cannelle — 1/2 c. à café (épice signature)
- Sucre — 1 c. à café (facultatif) (adoucissant)
Préparation
- Hacher le chocolat et le faire fondre doucement dans un peu de lait chaud.
- Ajouter le reste du lait, la cannelle et, si désiré, un peu de sucre.
- Chauffer sans bouillir en fouettant vigoureusement (ou au mixeur plongeant) pour faire mousser.
- Verser dans une tasse haute et servir bien chaud et mousseux.
Comment on faisait : Au XVIIIe siècle, le chocolat se préparait à l'eau dans une chocolatière de cuivre munie d'un moulinet (le « moussoir ») que l'on roulait entre les mains pour faire mousser. On le parfumait de cannelle, parfois de vanille, et on le sucrait modérément. C'était une boisson de luxe, marqueur de raffinement.
Le twist contemporain : Le servir dans un verre transparent pour voir la mousse se former en couches : une petite expérience de cuisine à observer comme on observe une réaction.
Sources : Philippe Sylvestre Dufour, Traités nouveaux et curieux du café, du thé et du chocolate, 1685 · Menon, La Cuisinière bourgeoise, 1746
Antoine de Lavoisier · Charactorium